Lutte contre le harcèlement: interview de Mme Hamadou

Les propos de Mme Hamadou, CPE et référente harcèlement du lycée Thiers ont été recueillis  jeudi 25 novembre dans le cadre du projet presse 2021-2022 de la classe de 2deH. Un groupe d’élèves devait l’interroger sur le harcèlement dans notre Lycée. 

Élèves : Pour commencer, comment définiriez-vous le harcèlement?

Madame Hamadou: Je définirais le harcèlement comme des actions violentes et répétées, morales et/ou psychologiques, par une personne ou un groupe de personnes. Le harcèlement inclut nécessairement un facteur de répétition.

E.: Combien de cas ont été recensés cette année à Thiers?

M.H.: Cette année, deux cas graves ont été identifiés. Ils sont aujourd’hui réglés.

E.: Qu’est-ce qui, pour vous, peut pousser un élève à en harceler un autre?

M.H.: Je pense que le harcèlement ne se met jamais en place sans raison même si la raison n’est pas valable. Il débute soit par des élèves qui sont mal dans leur peau –la domination d’un autre individu peut donner le sentiment d’exister-, soit par jalousie.

E.: Que faites vous pour prévenir le harcèlement au sein de l’établissement?

M.H.: Au collège, nous faisons intervenir des associations, notamment l’association « Plus fort ». Au lycée, nous avons mis en place des « élèves référents » qui sont au nombre de dix, et qui gèrent notamment le cyber-harcèlement. Ils font également des interventions dans les classes du Lycée en début d’année.

E.: Et dans la pratique, comment les cas de harcèlement sont-ils gérés?

M.H.: Tout d’abord, il nous faut recueillir la parole de la victime, en lui faisant donner le plus de détails possible. On reçoit également le ou les élèv.e.s incriminé.e.s, en leur faisant marquer leur version des faits. Nous avons une longue discussion avec le.s harceleur.euse.s. La ou les personne.s incriminé.e.s reçoivent quelques jours d’exclusion, mais l’important est qu’ils/elles comprennent. Je conseille aussi aux parents de la victime de porter plainte. Nous assurons également le suivi psychologique des élèves impliqué.e.s par Madame Massicot. On ne met jamais en lien les parents des élèves.

© Campagne de l’Education Nationale contre le harcèlement scolaire

E.: Et qu’en est-il pour le cyber-harcèlement?

M.H.: Le cyber-harcèlement est très fréquent, étant donné la facilité et la rapidité pour poster sur les réseaux sociaux. Il a également pris beaucoup d’essor durant le confinement, nous avons donc dû gérer les situations de harcèlement à distance.

E.: Y a-t-il une augmentation des cas de harcèlement au fil des ans?

M.H.: Le harcèlement a bien sûr augmenté avec l’arrivée des réseaux sociaux, mais il a toujours existé. Seulement on en parle bien plus depuis 2013.

E.: Que voudriez-vous dire aux élèves à ce sujet?

M.H.: Le harcèlement, il faut en parler. On a souvent tendance à penser que ça va s’arranger, qu’en parler va empirer la situation, mais parler résout toujours le problème. Qu’on soit victime ou témoin, il ne faut pas garder cela pour soit, en regardant simplement un élève s’en prendre à un autre. Il n’y a pas de spectacle sans spectateurs.

E.: Pour finir, quelles sont les potentielles répercussions du harcèlement?

M.H.: Le harcèlement blesse moralement et physiquement. Il impacte fortement les relations avec autrui, et les études.

Propos recueillis par Léna PICHOT, Meissa PIRES et Marilou LADOUCE, seconde H.

Pour le projet Presse 2021-22.