Edito : parfois, il est bon de se taire

Imaginez un débat. Un débat où tout le monde se coupe la parole et dit n’importe quoi pour essayer de convaincre l’auditoire.

Dans ce genre de débat, oui, il faut parfois fermer sa gueule.

Pour autant, fermer sa gueule ne signifie pas ne pas parler, et encore moins garder son opinion pour soi. Au contraire, un débat est fait pour parler, pour échanger, pour donner et défendre son opinion, mais dans le respect de l’autre, et dans un climat d’écoute mutuelle.

Mais alors, faut-il se taire par peur de dépasser les bornes (sans mauvais jeu de mot volontaire sur notre chère première ministre, promis) ? La réponse est non. Il ne faut pas avoir peur de dépasser les bornes, car dépasser les bornes peut être quelque chose de positif, lorsque l’on reste poli. Par exemple, quand Philippe Poutou refusait de répondre aux journalistes sur France 2 pour demander « des nouvelles de Macron », on peut considérer que son intervention était un depassage de bornes, mais pas forcément grave, ou outrageant. Par contre, quand Macron parlait d’emmerder certains français, il aurait objectivement du fermer sa gueule.

Une différence subsiste : la réplique de Poutou était préparée, il connaissait son texte et savait que ce serait un dérapage « contrôlé ». De son côté, Macron n’a pas pu contrôler l’ampleur de son dérapage, qui a contribué à le faire baisser en popularité.

Mais au delà de l’aspect du débat ou de la politique pure, on pourrait se dire que parfois, fermer sa gueule a du bon. Que ce soit dans une discussion entre amis pour dire quelque chose qui n’a pas d’intérêt, ou lorsque que l’on s’apprête à lancer une pique. Mais pourtant, pourtant, le fait de refouler cette envie de parler ne serait-il pas une mauvaise chose ? Comme une atteinte à la liberté d’être soi ?