Législatives : La démocratie mise à Nu

La Droite est à découvert, et il ne s’agit pas cette fois des dettes abyssales de Valérie Pécresse, qui après avoir fustigé le régime d’assistanat, s’est retrouvée obligée de quémander des deniers aux électeurs républicains. Mais le «strip-tease» involontaire de la droite par-delà les législatives ne fut que le clou du spectacle. Le parti des Républicains, « fort » de ses 19% à l’élection 2017 se voyait déjà défier Emmanuel Macron et envoyer la première femme à l’Élysée. Mais à force de zigzaguer entre le centre droit et l’extrême, il suffit d’un meeting raté à Villepinte, une après-midi d’hiver, pour que la campagne de Valérie Pécresse ne tint plus “debout”, comme le dirait la candidate. Non, cette fois après avoir été dépouillé en nombre de voix, le parti a recueilli moins de suffrages exprimés que Lutte Ouvrière en 1995 et 2002. Les républicains ont perdu une place de choix au sein de l’Assemblée Nationale. Après avoir perdu 92 députés dans l’hémicycle en l’espace de cinq ans, le parti ne peut plus se revendiquer comme la première opposition au Président de la république, surtout quand d’anciens caciques du parti comme Nicolas Sarkozy ou Eric Woerth ont fait le choix de quitter leur famille politique pour la majorité présidentielle.

Déjà en état de mort cérébrale, le parti pourrait être menacé de disparition totale s’il ne réussissait pas à tirer son épingle du jeu, dans une assemblée plus que morcelée. Si tel était le cas, l’assassin ne serait alors nul autre que le Président de la République en exercice. Emmanuel s’est, en effet, emparé de la « destruction» de la droite durant son premier quinquennat. Pour ce faire, il lui a fallu débaucher deux premiers ministres issus de ces rangs, et leur emprunter une bonne partie de son programme, lors de la dernière élection présidentielle. Ce cimentage de l’opposition n’est pas sans rappeler celui qu’a vécu le Parti Socialiste, en 2017. Celui-ci vit une importante frange de ses électeurs se détourner de son candidat désigné Benoît Hamon, qui a obtenu le plus faible score de la gauche socialiste à ce scrutin depuis 1969. Record battu depuis par Anne Hidalgo avec ses 1,7% de suffrages exprimés en 2022.

Mais si la gauche gouvernementale est à la peine, c’est aussi le cas de sa frange qui prône un projet plus «radical». En effet Jean-Luc Mélenchon, fort de ses 21,95% recueillis au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, se voyait, le torse bombé, succéder à Jean Castex. Il réalise alors ce que beaucoup considéraient impossible, réunir sous une même bannière, appelée la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES), un panel de forces de gauche allant des communistes aux socialistes en passant par les écologistes. Autant dire qu’il a été difficile de gagner pour la gauche, lors des légslatives, en dehors de la NUPES. Malgré les appels à se rendre aux urnes distillés par l’État-major au soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon, qui rêvait d’endosser le costume de Premier Ministre se retrouve au soir du 19 juin, « nu comme un vers», après avoir échoué à réunir une majorité face à la coalition Présidentielle.

Si les différents partis de droite et de gauche se retrouvent à la suite des législatives «dépecés», seule l’extrême-droite avec plus de 90 députés, semble être assez grande pour porter le costume de vainqueur. Cela en dit long sur notre système politique actuel, les habits neufs du populisme n’étant probablement pas taillés pour notre démocratie.