Interview de Caroline Chenu, co-commissaire de l’exposition VIH l’épidémie n’est pas finie !

A voir au Mucem jusqu’au 2 mai, courez-y vite !

Caroline Chenu est chargée de recherches et de collections et co-commissaire de l’exposition VIH/SIDA, L’épidémie n’est pas finie ! présentée actuellement au Mucem. Elle nous explique quelle a été la démarche des commissaires d’exposition dans la mise en place de cette exposition.

LTET : Le Mucem est un musée de société, pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie et ce que cela implique dans votre travail de commissaire d’exposition ?

Caroline Chenu : Le Mucem, musée des civilisations d’Europe et de la Méditerranée, est un musée de société et l’héritier des collections du musée national des Arts et traditions populaires (MNATP), qui a fermé en 2005. Les collections ont déménagé à Marseille en 2013 vers les réserves du Centre de Conservation à la Belle de Mai. De conservatoire de la ruralité au MNATP, la transformation en un autre musée de société s’est opérée pour le projet du Mucem : l’aire géographique s’est étendue des régions françaises à l’Europe et la Méditerranée, et l’ère chronologique s’est agrandie vers le contemporain. En somme, le Mucem interroge les sociétés contemporaines.

Les objets acquis dans le cadre de la « collecte sida » vont de la sphère intime à la vie publique, ce que reflète l’exposition qui donne à voir des médicaments, des préservatifs et de longues banderoles de manifestations ou de la presse. Les patchworks des noms (les panneaux textiles confectionnés en mémoire des morts du sida) mêlent les sphères intime et publique, puisqu’ils sont déployés lors de cérémonies dans des lieux symboliques.

Pour VIH/sida : L’épidémie n’est pas finie ! le commissariat est collaboratif, il associe des anthropologues, un membre de Sidaction, et deux collègues de la conservation du Mucem. Les premiers avaient déjà développé un rapport de proximité, en particulier à Marseille, mais aussi à Paris, avec les personnes sur lesquelles portaient leurs recherches dans le domaine du VIH/sida. Les professionnels du musée ont permis, par l’agencement d’objets constituant un parcours qui porte un discours, la diffusion de ces connaissances sensibles. Ces savoirs conjugués ont permis de construire une exposition accessible au plus grand nombre et soucieuse de refléter les différentes expressions, en s’adossant sur les collections et des productions audio-visuelles commandées par le Mucem.

Nous avons été attentifs à la représentation des différents acteurs des luttes. Nous avons veillé aussi à ne pas produire une exposition communautaire : elle évoque des communautés de personnes, qui s’expriment, mais elle s’adresse à tous, et surtout à vous, la jeunesse vive.

La fonction du musée de la société est de « tendre un miroir » aux visiteurs, également de donner la parole à toutes les composantes de la société, y compris à celles et ceux qui ne l’ont pas. Le parcours s’ouvre sur un film de Laurent Martinez, avec le Réseau santé Marseille Sud : des personnes vivant avec le VIH témoignent pour la première fois, en grande majorité des femmes. L’exposition a été conçue à partir d’une diversité de voix et sa mission est de lutter contre le silence et l’oubli.

© Mucem – Affiche de l’expo

LTET : Pourquoi avoir choisi de réaliser une exposition sur le VIH/SIDA ? Est-ce une manière de nous aider à mieux comprendre ce que nous avons traversé avec la COVID 19 ?

CC : Ce n’est pas une exposition circonstancielle. Le projet est plus ancien que l’apparition de la Covid-19. Au départ, à l’occasion du tricentenaire de la Peste de 1720 à Marseille, qui relevait des musées et archives de la Ville, le Mucem avait envisagé en écho une exposition sur les grandes épidémies. Rapidement, il est apparu que le fonds « sida » au Mucem devait être valorisé et que le plateau côté Mer serait l’écrin pour retracer l’histoire du sida et la mémoire des luttes sociales. C’est cette histoire politique du sida que met en lumière l’exposition : les mobilisations collectives, les inégalités face à la maladie, les rapports à la sexualité et à la mort, les avancées de la recherche médicale. Cette épidémie, comme celle de la covid-19 a fait émerger des questions relatives aux droits humains.
Programmée pour 2021, anniversaire du signalement des premiers cas, en Californie, en 1981*, l’exposition s’appuie sur les riches collections du Mucem et des prêts extérieurs. Un autre projet, suite à la collecte lancée pendant le confinement du printemps 2020, a abouti à l’exposition Psychodémie présentée au Centre de Conservation et de Ressources (CCR) du Mucem fin 2021, fruit d’une réflexion avec le photographe Antoine d’Agata.

Cependant, vous avez raison : aujourd’hui les visiteurs savent ce que fait une épidémie virale, sur les corps et les esprits, sur les sociétés, sur l’intime et sur les populations, quels en sont les effets sur la santé, physique et psychologique, les réactions de panique, les peurs, les disparités sociales. Nos visiteurs sont armés pour comprendre combien une épidémie peut désarmer.

Un slogan martial comme Mobilisation générale est immédiatement compris. Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour arrêter l’épidémie.

*Le bulletin hebdomadaire des maladies infectieuses (MMWR Morbidity and mortality weekly report) est reproduit dans la première partie de l’exposition sur le choc des premières années.

LTET : L’exposition s’appuie sur les témoignages de malades, de militants et de soignants du quotidien, comme les infirmières. A l’inverse, il n’y a pas de paroles de politiques, de chercheur.se.s ou de professeur.es de médecine, pourquoi ce choix ?

CC : De nombreux médecins et chercheurs composent le comité de suivi de l’exposition. Certains y ont contribué, par exemple pour le compteur des contaminations situé à l’entrée (Joseph Larmarange, démographe en santé publique) et les cartes (Guillaume Lachenal, historien des sciences dans le domaine de la santé planétaire).
Dans la 2e partie, sur les luttes, vous avez un couloir des soignants avec trois cimaises face à face qui célèbrent le rôle des soignants auprès des malades : kiné, psychologue, pairs-éducateurs et éducatrices. A côté du témoignage de Françoise Baranne, qui a publié Le Couloir, une infirmière au pays du sida (1994), se trouve celui du Docteur Patrick Philibert, médecin à Marseille depuis le début de l’épidémie de sida. Il exerce aujourd’hui à l’hôpital européen de Marseille et il vient volontiers partager son expérience le dimanche dans les salles, et lorsque nous le sollicitons pour la presse et la promotion de l’exposition, il répond présent. C’est le cas également du Docteur Patricia Enel, présidente du Corevih et référente en santé publique, au sein de l’hôpital de la Conception.

LTET : L’exposition est majoritairement composée d’objets du quotidien, de tee-shirts militants, d’affiches, de journaux, de reliques etc. Selon vous, est-ce que ces objets ordinaires, ces traces du quotidien, disent davantage sur l’épidémie du VIH que ne peuvent le faire des œuvres d’art ?

CC : Ces objets du quotidien n’en disent pas davantage mais disent autre chose. Il s’agit aussi d’archives qui sont une trace tangible et possèdent cette force du réel.

Ces archives font foi. Une carte postale écrite par un malade à son médecin, les lettres écrites dans le cahier des confidences par des prostituées de la rue Saint-Denis à Paris, la lettre de colère d’un patient lorsqu’il apprend la fermeture brutale de l’hôpital Pasteur à Paris en 1999 (moins de morts du sida, moins besoin de lits) ou la lettre de Brigitte, une lycéenne comme vous, sont des témoignages bruts qui s’expriment, sans prisme artistique. Il y a en fait deux lettres de Brigitte, adressées à la photographe Jane-Evelyn Atwood, après avoir vu un reportage dans le magazine Paris-Match. Elle dit combien elle est touchée par les images de Jean-Louis, malade du sida. Elle voudrait lui écrire mais il vient de décéder. Dans la deuxième lettre, Brigitte écrit sa tristesse et demande l’autorisation de reproduire un portrait de Jean-Louis dans le journal du lycée. Je voudrais citer un extrait de ce journal, sous le titre Tous ne t’oublieront pas : « La plupart des gens pensent que le sida ne touche que des marginaux, et ne se rendent pas compte que l’important n’est pas la cause mais les conséquences que subissent les malades. »

Dès le début, notre parti-pris était de puiser dans la grande collecte, conservée in situ. C’est une mission du musée de porter à la connaissance de tous ces collections, et une responsabilité économique et écologique, à des périodes données, de ne pas emprunter d’œuvres ayant traversé la terre. Si les prêts entre institutions et auprès des particuliers ne se monnayent pas, les transports et la caisserie coûtent cher. Ainsi, les œuvres d’artistes américains que d’aucun attendraient dans une grande exposition sur le sida, ne sont pas montrées ici, au profit d’artistes européens moins connus. L’exception qui confirme la règle est la première œuvre de la première section : la macro-photographie des Bodily fluids d’Andres Serrano (né à New York en 1950), montre dans un tableau abstrait les vecteurs de vie que sont le sang et le sperme, vecteurs aussi de transmission du VIH.

Par ailleurs, nos collègues nous ont informés de leurs projets respectifs, au Palais de Tokyo à Paris, et au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg : ils préparent eux aussi des expositions sur l’épidémie, mais ciblées sur les résonnances artistiques du sida. Vous pourrez les découvrir en 2023, pour l’anniversaire de l’identification du virus en 1983, par des scientifiques de l’Institut Pasteur ; cette équipe a obtenu le prix Nobel de médecine.

Keith Haring, très attendu dans une exposition sur le sida, est présent par des reproductions d’œuvres sur des t-shirts sériels, un peu délavés, déformés, qui ont été portés sur les corps des militants. L’iconique écrivain et photographe Hervé Guibert se trouve sous une forme ténue, légère : sur un t-shirt suspendu, et par les petits feuillets manuscrits de son dernier roman d’auto-fiction, publié post-mortem Cytomégalovirus (1991).

La collection du Mucem contient des artefacts artistiques, par exemple le pavement intitulé Mémoire nomade qui ferme l’exposition. C’est une œuvre de l’artiste allemand Tom Fecht qui a intégré dans l’espace public ces gravures sur granit de noms de morts du sida.

La grande sculpture de Markus Nine, Breaking stress, symbolise par un corps supplicié attaché à un capot de voiture 2CV, l’attachement aux traitements, très lourds et encombrants les premières années, condition pour ne pas mourir. La tôle industrielle fait référence à l’industrie pharmaceutique.

C’est encore l’invasion des traitements, condition pour continuer à vivre, contraints par la prise de dizaines de gélules à heures fixes, aux effets secondaires invivables, que traduit le triptyque des traitements de Stéphane Abriol, composé à partir des tiroirs de bureau, mués en armoire à pharmacie.

Le Mucem compte aussi dans ses collections des pièces de couture, offertes par les créateurs pour être vendues au profit de la lutte : de nombreux t-shirts Agnès b., des vêtements signés Sonia Rykiel, Yves Saint-Laurent, Thierry Mugler…

Nous avons demandé des prêts à des particuliers, des galeries, des agences, pour obtenir les travaux des photographes : Régis Samba-Kounzi qui vit aussi à Paris et dans les deux Congo ; Jean-Baptiste Carhaix ; Jane-Evelyn Atwood ; Alexis Cordesse ; Emmanuelle Barbaras ; Patrick Delapierre ; les Marseillais Jean-Marc Armani et Lionel Briot. Des photographies et films à caractère plus documentaires doivent être cités car ils constituent un matériau très important de la mémoire des luttes : Tom Craig, un Américain venu vivre en France, a donné ses clichés au Mucem. Lionel Soukaz, réalisateur du Journal annales, a versé les milliers d’heures de vidéos à la Bibliothèque nationale de France. Dans la rotonde centrale, au cœur battant de l’exposition, vous pouvez regarder la synthèse géniale du Journal annales, réalisée par Stéphane Gérard : c’est le film palpitant EnCorps+.

Les œuvres prenant la forme de sculptures, tableaux performés, installations, d’Aurèle Ricard, Alain Buffard, Yann Beauvais, Michel Journiac, ont été façonnées par un engagement entier. Ici rassemblées, elles offrent un regard ultra-sensible en différents moments, sur la tragédie contemporaine. La sirène The return du jeune artiste Benny Nemer, alarme en un long cri strident : l’épidémie n’est pas finie. Nous l’avons accrochée à la fin, pour rappeler que ce retour historique sur quatre décennies d’épidémie ne clôt hélas pas son histoire.

Au milieu du parcours, les reliquaires théâtralisés de l’artiste de Nice Bruno Pélassy, dans leur préciosité intrinsèque et leur scénographie en suspension, disent le caractère sacré et la fragilité de ce qui n’a pas de prix et que l’exposition tend à démontrer : l’amour, la santé, la vie.

Bloc 23 du mémorial néerlandais du patchwork des noms, 2008 Matières textiles, 380 x 380 cm. Mucem, 2018.76.1 © Mucem / Yves Inchierman

LTET : L’action d’Act Up, l’association de lutte contre le SIDA créé en 1989 par Didier Lestrade, Pascal Loubet et Luc Coulavin, est présentée de manière très positive dans le cadre de l’exposition. Or, Act Up était très critiquée dans les années 90 car l’association était perçue comme trop politique et trop « violente » dans ses actions. Cette exposition est-elle un moyen de faire émerger un nouveau regard sur l’action militante de lutte contre le SIDA et d’élaborer une vision plus actuelle ?

CC : Les nombreuses autres associations de lutte contre le sida ne sont pas montrées de manière négative 😉
L’épidémie est politique, comme le rappelle l’affiche que nous avons choisie à la fin du parcours « Par le sang. Par le sperme. Par la loi. » (Act Up-Paris, 1997).

Dans votre question, vous mettez bien « violente » entre des guillemets. La violence était celle subie par ces jeunes. Quelle injustice et quel scandale de voir mourir en masse des jeunes de 20 ans, de 30 ans ! Les autres aussi… L’exposition aborde la question des enfants contaminés, et des orphelins du sida, en Afrique notamment. Le scandale du sang contaminé, dénoncé en 1991, a donné lieu à un long procès des responsables politiques et médicaux, dont quasiment tous ont été acquittés, ce qui a constitué un second scandale pour l’opinion publique.
Se coucher dans une rue lors d’un die-in pour symboliser les morts, projeter du faux sang ou les cendres d’un ami incinéré, est d’abord une violence exultée par les militants, qui dénoncent une extrême violence. Sur l’échelle de la violence, il n’y a aucune commune mesure entre celle subie, fruit de discriminations, d’ignorance, d’inertie politique, et l’occupation d’une rue assourdie un instant par des sifflets ou des cornes de brume. Les manifestations d’Act Up étaient aussi désespérées que joyeuses et parfois colorées, avec des pompons et des danses, dans une pulsion et une urgence de vivre et de montrer ces corps, ceux qui le pouvaient encore. Les slogans des banderoles déroulées dans l’exposition sont pour certains furieusement actuels, comme Un plan d’urgence pour les hôpitaux. Il s’agissait de l’épidémie de sida mais la gestion de nouvelles épidémies n’a pas été anticipée à l’aune de cette histoire récente.

Le Mucem a reçu, juste avant la sortie du film 120 battements par minutes (2017, Robin Campillo), un don important d’objets provenant de l’ancien Act Up-Paris. Rétrospectivement, on perçoit encore la puissance des actions de l’association, mue par la colère et l’urgence, qui laissent moins connaître les missions de diffusion d’informations et le travail des commissions spéciales sur différents sujets (ex. les prisons). L’élaboration d’un langage graphique percutant, décliné sur les supports de communication que sont les banderoles, tracts, badges, t-shirts etc. sont aussi un critère d’intérêt pour un musée. Outre la forte portée visuelle et médiatique de l’association, c’est donc aussi l’histoire des collections du Mucem qui explique en partie la présence qui peut sembler prédominante d’Act Up dans l’exposition.

LTET : Lorsque l’on est né.e dans les années 2000 et que l’on visite l’exposition, on est stupéfait.e de constater ce qu’a provoqué l’émergence du SIDA dans les années 70, 80 et 90 : peur collective et généralisée, rejet des malades, discriminations à l’encontre des minorités, fakes news, terminologie choquante (cancer gay), scandales politiques comme l’affaire du sang contaminé en France et bien d’autres faits sociaux. Cette exposition a-t-elle une visée éducative en direction des lycéens et étudiants qui connaissent très mal l’Histoire du SIDA et des luttes militantes ?

CC : EVIDEMMENT ! C’est notre plus grand souhait. Vos grands-parents et vos parents sont « au courant ». L’exposition leur rappelle cette histoire qu’ils ont traversée. En venant au musée, ils se souviennent, revoient des images télévisuelles, découvrent en vrai les banderoles vues dans la presse.

Pour vous, l’exposition entend dérouler cette histoire et rappeler qu’on ne guérit toujours pas du sida ; on peut vivre avec, et de moins en moins mal. L’accès aux traitements reste inégal, selon l’endroit où l’on vit. Des discriminations persistent, dans des aspects de la vie quotidienne et notamment dans les démarches auprès des banques, des assureurs.

Il faut toujours lutter contre la sérophobie, y compris sur les réseaux sociaux. Il est peu connu chez les personnes non averties, que le VIH indétectable dans le sang après 6 mois de traitement anti-rétroviral, devient intransmissible ; c’est l’équation (I = I) ou (U= U) en anglais undetectable = untransmissible.

Aujourd’hui, les moyens d’endiguer l’épidémie sont connus : la prévention, avec les préservatifs, le TasP (treatment as prevention), la Prep (pilule prophylactique pré-exposition, ou pilule de la veille), et bien entendu, au préalable, les dépistages. Depuis le début de l’année 2022, le dépistage au VIH peut s’effectuer dans un laboratoire ou un centre de prévention, sans rendez-vous, sans avance de frais, sans ordonnance.

Enfin, n’oubliez pas que les préservatifs, qui sont utilisés depuis l’Antiquité, protègent des infections sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées. Aux siècles derniers, avant l’invention du latex, ils étaient souvent en boyau de mouton. L’Eglise en condamnait l’utilisation, les qualifiant d’entrave à la Providence. Plus poétique et laudatif, Shakespeare y voyait un « gant de Vénus ». Le jeu de l’amour ne doit rien laisser au hasard en matière de santé. Nous vous aimons, faites attention à vous et aux autres ! Comme pour le masque que nous nous sommes habitués à porter sur le nez et la bouche, se protéger, c’est protéger la communauté. Le préservatif n’empêche pas de respirer et sauf pour les super-héros, n’est pas porté durant des heures et des heures. Un dernier mot : la parité est atteinte est dépassée : plus de la moitié des nouvelles contaminations concerne les femmes. C’est une alerte. Aujourd’hui, dans le monde, 37 millions de personnes sont décédées des suites du sida, 38 millions vivent avec. Toutes les 19 secondes, une nouvelle personne est contaminée ; toutes les 46 secondes, on compte un mort du sida. Décidément, l’épidémie n’est pas finie et n’a pas fini de creuser des discriminations.

Le titre de l’exposition reprend un slogan historique d’Act Up-Paris L’épidémie n’est pas finie ! en 1996, tandis que les trithérapies arrivent sur le marché et que les malades meurent moins. C’est une avancée formidable mais un quart de siècle après, le constat incite à l’action : le combat continue. C’est à vous, les jeunes des années 2000, de vous en saisir, par des attentions simples et salutaires.

Interview réalisée par Flora Loilier.