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La dette publique française : qu’en est-il vraiment ?

La dette publique française : qu’en est-il vraiment ?

« La dette française est un fardeau que l’on lègue à nos enfants », du moins c’est ce que disait récemment Eric Lombard, chef d’entreprise, ministre de l’économie et des finances  du au dans une interview sur France Inter.

Et ce n’est pas le seul à penser ainsi ! Le premier ministre, François Bayrou affirmait également : « Il est moralement insoutenable de faire supporter, aux générations de travailleurs actuels et futurs, nos dépenses de tous les jours. » lors d’une conférence le 1 avril 2025.

La France est-elle vraiment en train de plomber les générations futures avec la dette publique ?

Représente-t-elle un fardeau pour les Français?

A 3 482, 2 milliards d’euros, l’endettement de la France n’a jamais été aussi élevé, représentant plus de 115% du PIB français. Ce qui la place très loin des règles européennes, qui demandent aux États de maintenir leur dette publique à moins de 60 % du PIB. Vers la fin du troisième trimestre 2024, elle était encore à 3 303 milliards selon l’Insee.

La dette publique correspond à la somme des déficits publics cumulés et des intérêts qui les accompagnent.
De prime abord, il est intuitif de penser que la dette de la France doit être remboursée, et ce qui ne l’est toujours pas dans le présent, devra l’être dans le futur.

Or cette manière de voir les choses s’avère être fausse. En effet, aucun individu n’est tenu, à titre personnel, de rembourser la dette publique de la France.

En effet, le remboursement de la dette d’un État diffère de celui des ménages.

Contrairement aux individus constituant un ménage, l’État n’a pas de date de péremption et peut donc rouler sa dette indéfiniment.

C’est ce qu’on appelle un mécanisme de refinancement de la dette. Lorsque la dette parvient à maturité, que le moment de rembourser les sommes empruntées arrive à échéance, l’Etat français emprunte à nouveau pour rembourser les engagements précédents. Tous les États du monde et la plupart des grandes entreprises pratiquent ce mécanisme.

C’est un mécanisme de prêt où le remboursement se fait systématiquement : les préteurs finissent toujours par être remboursé à la fin de la période prédéfinie.

Selon les données de l’Agence France Trésor, le service de Bercy qui gère la dette publique de la France, sa  durée de vie moyenne serait d’environ huit ans et demie.

La dette étant sans cesse renouvelée, elle ne présente, dans les faits, aucune menace pour les générations futures.

Face à ces données et ces postures affolantes, les politiques jouent la peur. L’image largement relayée dans le débat public est celle d’une jeunesse prise en étau. Or, il s’agit avant tout d’une construction destinée à culpabiliser les générations actuelles et à légitimer les politiques de réduction de la dette.

Par ailleurs, les ménages qui auront réussi à mettre de l’épargne de côté, pourront choisir d’investir dans la dette publique de la France, c’est à dire acheter des titres, ce qui  correspondrait à un prêt d’argent à l’État, en échange d’intérêts régulièrement versés.

Un titre de la dette est un « morceau » de cette dette, sous forme de document financier (obligation, bon du Trésor, etc.). L’Etat devra rembourser au détenteur du titre le montant prêté et verser des intérêts. Ainsi, ces titres transmissibles par héritage peuvent rapporter de l’argent, tout en soutenant la dette de l’Etat.

La dette française ne représente donc pas seulement un fardeau mais aussi une opportunité de placement pour ceux qui auront les moyens d’épargner.

Ce n’est donc pas la dette le problème mais les intérêts qui l’accompagnent

En effet, les intérêts payés représentent un coût et des dépenses pour l’Etat : on parle alors de la charge de la dette occupant environ 7% du budget de l’Etat. En augmentant la dette publique, l’État augmente le montant de ses dépenses, surtout si les taux d’intérêt augmentent.

En effet, la charge de la dette risque de prendre le premier poste dans les dépenses de l’État, c’est à dire avant l’éducation et l’armement.

Avec la remontée des taux d’intérêt sur la dette publique française depuis 2021, la charge nominale de la dette augmente de nouveau. D’abord, l’État émet de la nouvelle dette à des taux d’intérêt plus élevés qu’auparavant. De plus, lorsque l’État réemprunte pour rembourser ses emprunts arrivés à échéance, il le fait encore une fois à des taux d’intérêt plus importants qu’avant. Ces deux effets accroissent au fur et à mesure la charge de la dette.

Finalement, si l’on rapporte la charge de la dette au montant des dépenses publiques, ce qui paraît plus pertinent, nous pouvons dire que près de 3% des dépenses publiques seulement sont consacrées au paiement des intérêts. On est donc loin de l’étau de la dette constamment décrié dans les médias !

© Image du journal d’actualité libérale Contrepoints https://contrepoints.org/france-354-000-euros-de-dette-en-plus-chaque-minute/

 

Sources :

Le grand entretien du 6 janvier 2025 sur France Inter avec Eric Lombard :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-06-janvier-2025-5743104

L’inquiétude qui monte face à la dette colossale de la France par Hugo décrypte : https://www.youtube.com/watch?v=9jWLQwAjpmc