La Terre en Thiers

La musique fait du bien, c’est indéniable, et en plus c’est scientifiquement prouvé

S’affaler sur un fauteuil et écouter de la musique agréable améliore la circulation du sang, en réduisant la pression artérielle. Certes, se détendre sur un canapé en lisant un livre intéressant, ou faire quelque chose d’agréable -quelle que soit la chose en question- sur un divan pourrait avoir les mêmes effets. Toutefois, chers sceptiques, l’ « effet musique » a fait l’objet de recherches à part entière, effectuées à l’aide de souris de laboratoire, afin de découvrir si ces effets ont des fondements physiologiques indépendamment de l’agrément du « stimulus », ou du confort du divan.

 Mozart versus l’hypertension artérielle

Les neuroscientifiques Sutoo et Akiyama de l’université de Tsukuba au Japon ont observé un groupe de souris souffrant d’hypertension, aux prises avec l’adagio du Divertissement n° 7 en ré majeur de Mozart.

Ils ont mis en évidence le fait que l’écoute de cette musique augmentait la quantité de calcium acheminée vers le cerveau des petits rongeurs. Celui-ci activait ensuite la production de dopamine, qui à son tour inhibait une partie de l’activité du système nerveux sympatique, pour finalement réduire la pression artérielle.

Mozart et sa musique ont donc offert aux chanceuses souris une meilleure santé cardio-vasculaire, et de fait une plus grande espérance de vie.

La recherche menée par les deux japonais peut sembler quelque peu étrange, car bien évidemment, les souris n’écoutent pas de musique dans leur milieu naturel (ou du moins, nous ne le savons pas encore). Cependant, comme ses auteurs l’ont expliqué, l’expérience visait à voir si certains stimuli sonores étaient bénéfiques tant aux souris qu’aux hommes, ces derniers ayant la faculté de choisir ou non d’écouter de la musique.

 Prochaine étape, la musicothérapie ?

 Une partie du mécanisme ayant été élucidée et le rôle de la dopamine ayant été mis en évidence, il est possible d’envisager l’emploi de la musique pour corriger certains symptômes des pathologies liées à celle-ci, comme par exemple la maladie de Parkinson. On peut donc imaginer une introduction de la musique dans le cadre des thérapies indiquées, ce qui mettrait, soit dit en passant, un peu de couleur dans le quotidien des malades concernés, et ne pourrait qu’améliorer leur moral dont on sait qu’il a lui aussi des effets sur la santé.

Dans le même registre (ha ha), un groupe de chercheurs italiens et anglais a étudié les effets du rythme et de la structure mélodique sur la respiration. La rapidité de la musique l’influence indéniablement : l’écoute accélère la respiration et fait augmenter le rythme cardiaque de façon proportionnelle au rythme de la musique. Plus une musique est rapide, plus les battements du cœur s’accélèrent à cause d’un effet de stimulation de ce fameux système nerveux sympathique. Cela expliquerait pourquoi certains sportifs aiment écouter de la musique avant une performance, afin de se mettre « en conditions » ; l’écoute serait alors une forme de pré-entrainement.

  Pour le corps, Beethoven et la raga, c’est du pareil au même

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, l’effet physique ne dépend pas du genre musical ou des goûts de l’auditeur. La preuve en a été apportée en comparant de la musique indienne raga, interprétée au sitar, un morceau des Red Hot Chili Peppers, l’Adagio de la Neuvième Symphonie de Beethoven, de la musique techno de Gigi d’Agostino et le Presto de l’Eté de Vivaldi. Tous les morceaux rapides, à savoir le Presto de Vivaldi, le rap des Red Hot Chili Peppers et la techno, augmentaient le rythme cardiaque et le rythme respiratoire de la même manière. Pour le cerveau, Vivaldi et la techno ne sont pas si éloignés, alors que l’Adagio de Beethoven, et encore plus le raga, avaient l’effet inverse : c’est bien le rythme, et non le genre, qui a des effets biologiques.

 Cependant, une étude scientifique reprise par le Guardian affirme que les effets d’une musique qui nous plaît sont comparables à ceux d’une drogue psycho active comme la cocaïne.

Selon une étude de l’Université de Montréal, la musique utilise l’ensemble de circuits du cerveau qui dirige la motivation humaine avec un système de récompenses chimiques, identique à celui des drogues dures. « Une composition revenait sans cesse pour des gens différents : L’Adagio pour cordes de Barber », décrit Valorie Salimpoor, la directrice de l’étude en question.

Faites le test !

http://www.youtube.com/watch?v=mCTT057B4wM

L’équipe de chercheurs a demandé aux participants de l’expérience de choisir une version instrumentale d’un morceau qui leur procurait une émotion particulièrement forte, mais qui n’était pas attachée à un souvenir personnel particulier. Les paroles ont été bannies pour éviter toute confusion, et se concentrer uniquement sur la mélodie.   Résultat : les cobayes ont enregistré  une augmentation de 6 à 9% de leurs niveaux de dopamine par rapport à l’écoute d’un morceau qui n’était pas de leur choix. « Une personne a enregistré une augmentation de 21% », précise Salimpoor, ce qui signifie que nous ne sommes pas tous égaux face à ce qui s’apparente à l’orgasme musical ».

 Si l’on savait déjà que la consommation de cocaïne pouvait booster la dopamine de 22%, et qu’une augmentation de  6% s’observe en mangeant un excellent repas, aucune étude ne dit si ces chiffres sont cumulatifs lorsque l’on fait les trois en même temps…

 M.Diané