Perché sur une des nombreuses collines de Marseille, le Cours Julien était à l’origine un marché de fruits et cultures. Mais depuis la création de la salle de concert “L’espace Julien” en 1984, ce quartier a subi une profonde mutation et accueille désormais de multiples manifestations, souvent propres à notre région. Le “Cours Ju“, comme le surnomment les Marseillais, est aussi et surtout devenu un quartier de fête et de ce fait, il présente deux faces s’enchaînant selon le rythme solaire.

Superbe graffiti du Cours Julien

Le jour, il apparaît comme un lieu de détente et de fainéantise par excellence, un repère pour les familles qui viennent s’asseoir sur une terrasse, le temps de profiter au soleil d’un bon café. Entre les brocanteurs, bouquinistes et autre boutiques, la balade y est agréable. Et les surprises ne manquent pas comme les nombreux graffitis, véritables œuvres du “Street Art”. Un endroit qui correspond à tout le monde, pourrait-on penser ?

Mais la nuit, le Cours Julien fait mauvaise presse : les excès d’alcools et/ou de drogues sont visibles et font que l’on est accosté par des individus pour le moins engagés dans leurs propos. Vu comme un quartier en perdition, il est un endroit “à éviter” pour les puristes. Néanmoins, il serait dommage de rester sur ces a-priori car comme tout quartier festif, il présente de nombreux endroits à découvrir ou à redécouvrir. Pour cela, je vous propose d’aller à la rencontre de deux des adresses phares du Cours Julien : le Café Équitable et le Théâtre Athanor. Ne l’oublions pas, le Cours Julien est avant tout un lieu d’artistes, d’étudiants mais aussi de bobos ; et par là, il est créateur de lien social. Les rencontres y sont souvent belles et inoubliables !

 

Le Café Équitable

La façade du café : On a tout compris !

La façade du café : On a tout compris !

Situé au tout début du Cours Julien, ce café se présente comme un lieu de culture alternative. Un soir sur deux, il organise des conférences, projections de films ou débats portant sur des thèmes d’actualités comme le conflit de Notre Dames des Landes, ou la protection de nos données sur Internet. Mais au delà de ces évènements,  il reste un café dont l’objectif principal est de se sentir chez soi et présente des animations plus divertissantes comme des concerts ou des danses. Toute cette organisation est appuyée par certaines valeurs et pour cela, le café est tout d’abord une association qui, dans une optique écologique, propose des produits uniquement issus du commerce équitable ou des artisans locaux. L’ambiance y est chaleureuse. Dans un décor composé de vieux articles de journaux, d’une immense bibliothèque en libre service, on apprend vite à connaître les habitués. Et au final, il s’y passe toujours quelque chose, que ce soit un joueur de flûte traversière qui improvise un morceau avec un guitariste ou des débats politiques très enflammés. Pour rebondir sur ce dernier exemple, la couleur rouge prédomine et certains noms de cocktails comme « Le Communard » ne laissent aucun doute sur les opinions politiques présentes dans ce lieu. Malgré cela, la tolérance reste leur credo.

Pour connaître les prochains rendez-vous du Café équitable et en savoir plus → http://equitablecafe.org/

 

Le Théâtre Athanor

Slogan du Théâtre Athanor

Comparé aux autres théâtres de Marseille comme le Gymnase, le Théâtre Athanor détonne. En effet, la salle comporte seulement 48 places assises. Et cette caractéristique, au lieu d’être une faiblesse, est une force. L’ambiance y est extrêmement intimiste, les acteurs sont vraiment à portée de mains et il est possible d’échanger quelques mots avec eux à la sortie. Au premier abord, ceci peut surprendre car les personnes qui organisent la buvette, la vente de tickets, se retrouvent sur scène 10 minutes après ! On pourrait penser à un manque de professionnalisme de la part de ce théâtre. Mais justement, il ne le revendique pas. Ce théâtre est considéré comme du « semi-professionnel » c’est à dire que l’ensemble du corps théâtral agit par passion et que chacun possède à côté un autre travail. On est bien loin du snobisme qui fut quelque fois reproché au théâtre de La Criée. Les acteurs se font plaisir, et les registres abordés sont variés, on a des classiques, souvent actualisés, comme le dernier Britannicus de Racine qui était représenté pendant les bombardements en Angleterre sous la seconde guerre mondiale. Mais on a aussi des créations artistiques à partir d’auteurs moins connus comme, Du Féminins… pour en finir avec les clichés, encore à l’affiche.

Pour connaître les prochaines représentations du Théâtre Athanor et pourquoi pas, réserver →http://www.athanor-theatre.com/

 

SAIGNOL Côme