On entend beaucoup parler du dérèglement climatique. Et, ne nous mentons pas, ce n’est pas très réjouissant. Mais, qu’en est-il des politiques pour le stopper ? Sont-elles vraiment efficaces ? 

Rappelons tout de même que selon Météo France, 2019 se classe comme la 3ème année la plus chaude en France, (depuis 1900), avec une température moyenne de 13,6 °C, en dépassant la normale de 1,1 °C (c’est une des plus fortes valeurs mesurées derrière 2018 et 2014, et ex aequo avec 2011). Cet état des lieux nous permet de constater que même si des mesures sont prises, les résultats ne sont pas très significatifs dans l’immédiat, et le souci, avec l’urgence climatique, c’est qu’elle porte (trop) bien son nom.

Manifestation contre le changement climatique à Madrid d’après Le Monde

Mais, misons sur le fait que cette année ait été un raté de l’Etat, et par extension de la communauté internationale (la France n’a pas été la seule touchée, avec par exemple les incendies australiens). Une autre COP (la 25ème) a été organisée, afin que différents pays siégeant à l’ONU trouvent des terrains d’entente sur l’écologie, à Madrid. Les COP (conférences des parties) sont des réunions de chefs d’Etats afin de trouver des solutions à l’urgence climatique. La dernière s’est achevée le 15 décembre, et l’on peut donc la considérer comme un indicateur de la motivation des décideurs à l’égard du climat, ainsi que comme un bilan de l’année écoulée. Cette réunion a plutôt bien commencé, avec des interventions de jeunes venant des quatre coins du monde, de peuples indigènes menacés par la déforestation menée par J. Bolsonaro (qui par ailleurs n’était pas présent, et a même refusé en novembre 2018 d’accueillir cette COP25), etc… En tout, 25.000 délégués, dont Greta Thuneberg, se sont rendus à Madrid. Cette mobilisation internationale est une preuve que la conscience de l’urgence climatique progresse. 

A Madrid, la COP25 en panne d'avancées d'après Les Echos

A Madrid, la COP25 en panne d’avancées d’après Les Echos

Cependant, cette conférence fut un échec total, aucune mesure n’a été prise. Cette bévue serait due à un manque de vivacité des pays signataires de l’accord de Paris, qui ne sont eux-mêmes pas d’accord entre eux sur la marche à suivre face au dérèglement du climat, et cherchent aussi à voir le profit/déficit économique engendré par la crise climatique.

Greta Thunberg à la COP25 d’après 20Minutes

Selon Le Monde, on note néanmoins que 80 pays environ, signataires des accords de Paris, ainsi que des pays insulaires menacés par la montée des eaux, ont montré qu’ils étaient prêts à redoubler d’efforts pour ne pas dépasser +3,2 °C d’ici la fin du siècle. On est très loin des 2 °C prévus initialement, malgré une communauté scientifique qui s’efforce de plus en plus ardemment de démontrer que plus la planète se réchauffe, plus l’espèce humaine est menacée.

Mais, la Commission Européenne, qui quant à elle, veut agir sur le climat (de façon plus ou moins efficace), a décidé de mettre en place un Green Deal (Pacte Vert). Le projet a été annoncé le mercredi 11 décembre. L’objectif ? Atteindre la neutralité carbone pour l’Europe d’ici 2050. Autant vous dire que d’ici là, la sixième extinction de masse sera bouclée, et on aura pu dire au revoir aux ours polaires. De plus, les mesures à prendre ne seront annoncées qu’à l’été 2020. En fait, on ne sait pas vraiment en quoi consiste ce projet ni à quoi il va réellement aboutir. Cependant, on sait quand même qu’il vise notamment à encadrer les émissions de carbone des avions (qui polluent énormément) et des bateaux, ce qui n’est pas très pertinent, étant donné que le trafic maritime ne représente que 2% des émissions de carbone mondiales. Autant dire que si l’on pouvait se retrouver avec ces 2% uniquement, en ayant au préalable neutralisé l’industrie textile et les énergies fossiles, on serait heureux. En fait, l’Union Européenne compte supprimer les subventions dont bénéficient les grandes compagnies. Selon Le Monde, le Réseau Action Climat (association fondée en 1996) considère que certaines des initiatives envisagées seraient même contre-productives. Au vu du fait que les mesures ne seront annoncées qu’assez tardivement cette année, la Communauté Européenne risque seulement d’arriver les mains vides à la COP26 (à Glasgow, en novembre 2020), en espérant que celle-ce ne soit pas un échec cuisant. Si la Commission n’accélère pas, l’accord de Paris perdra encore un peu plus de crédibilité…

https://www.revolution-energetique.com/le-green-new-deal-europeen-que-faut-il-en-penser/

On aurait vraiment aimé faire un article positif sur le dérèglement climatique, disant qu’il n’est pas si important, ou que l’on suit la marche nécessaire pour sortir de cet engrenage infernal. Ce serait mentir. Actuellement, nos modes de vie et notre système économique sont totalement incompatibles avec une possible amélioration de l’état de notre planète. Prenons la métaphore du train. Une fois qu’il est lancé, il reste sur ses rails. On peut toujours modifier sa vitesse, on ne modifiera jamais sa direction. La seule solution pour cela est de casser les rails pour en créer de nouveaux, qui vont ailleurs. Alors arrêtons de manger des fraises en hiver et de changer de téléphone tous les ans, la planète commence à surchauffer.

C’est pourquoi nous vous donnons rendez-vous
vendredi 13 mars
pour la 5ème grève internationale pour le climat!

Camille

Quelques liens sur la question:

Bilan de la COP 25 dans Libération:

https://www.liberation.fr/planete/2019/12/15/climat-a-madrid-grands-ecarts-et-grande-deception-pour-la-cop-25_1769338 

Ou dans La Croix:

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Environnement/Tortueux-mediocre-COP25-adopte-accord-minima-2019-12-15-1201066597

Mobilisation du 13 mars 2020 Youth for Climate:

Marche pour l’Avenir du 13 mars 2020