Issu du très prisé ouvrage de Cormac McCarthy (un prix Pulitzer et un éloge unanime des critiques), le film “La route” nous raconte la survie désespérée d’un homme et de son fils à travers une Amérique totalement dévastée par “le cataclysme” qui a plongé le monde dans un hiver permanent, gris et stérile.

 

La route ( le père et le gamin étant hyper badass ici )

© Metropolitan FilmExport. Photo John Hillcoat, Kodi Smith-McPhee, Viggo Mortensen (Allocine.fr)

Le film commence assez tranquillement. Nous voyons des images d’un jardin, d’un couple joyeux. Puis, un bruit se fait entendre. Le mari se lève, ouvre tous les robinets en paniquant, affirme que ce n’est pas pour prendre un bain. Les fenêtres sont orange feu. On entend des cris. Puis, le réveil. Tout cela n’était qu’un rêve : retour à la réalité. En effet, désormais, le père est seul avec son fils, survivant à deux contre le monde, sur la route.

Autant prévenir: le film est très “trash”. D’emblée, le père explique à son fils qu’il y a les gentils, eux, et les méchants, des cannibales qui évoluent en groupe, s’attaquant au moindre humain qu’ils voient. Le pistolet du père contient 2 balles : une pour l’enfant et une pour lui.

Ne vous attendez pas ici à du Mad Max, aucun combat spectaculaire, aucune explosion, seulement de la survie et encore de la survie, des êtres humains qui, livrés à eux-mêmes s’accrochent à leur dernière parcelle d’humanité. D’ailleurs, à plusieurs reprises, la question se pose durant le film : est-il nécessaire d’enseigner à son enfant une humanité qui ne fera que l’handicaper dans un monde qui n’en a plus? Ou faut-il au contraire lui apprendre le respect des règles pour rester en vie, de façon cynique ? Les héros sont souvent exposés à des dilemmes moraux qui en permanence nous questionnent. Qu’aurions-nous fait ? Faut-il donner à ce vieil homme blessé nos dernières conserves ou faut-il le laisser ici mourir de fin ? Faut-il tenter de sauver ces prisonniers ou se sauver le plus vite possible ?

Une tension grandit durant tout le film jusqu’à atteindre son apogée à la fin, encore une fois par le biais d’un dilemme moral. Cette tension est soulignée par la photographie, un monde toujours gris, stérile, sans aucun espoir, en ruine et abandonné. Les acteurs également jouent à la perfection, de Viggo Mortensen (le père) à Kodi Smit-McPhee (le fils) en passant par Robert Duvall; tous transmettent soit un espoir en permanence effacé par l’horreur humaine les entourant soit cette horreur elle-même.

Voyez aussi ici non pas une critique mais une réflexion sur l’homme, son animosité, ses espoirs et ses pertes. Émouvant,  perturbant, dérangeant et édifiant, John Hillcoat et McCarthy nous offrent ici un chef d’œuvre à voir d’urgence.

“La Route”: film de John Hillcoat, sorti en décembre 2009. Durée : 1h59.