Guerre en Ukraine : des milliers de réfugié.es aux frontières

Depuis le 24 février, la guerre a pris place en Ukraine. Le dictateur russe Poutine a envahi ce pays démocratique, et ce, de tous les fronts. Au milieu des bombes et de l’horreur, une seule solution pour les Ukrainien.nes : fuir. Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice états-unienne de l’ONU estime que ce conflit pourrait engendrer « cinq millions de personnes supplémentaires déplacées». En Europe, les états organisent l’arrivée des réfugié.es ukrainien.es.

Femmes et enfants d’abord

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, plus de 350 000 Ukrainien.nes ont fui leur pays, principalement vers la Pologne et la Moldavie. Depuis le jeudi 24 février, les hommes entre 18 et 60 ans sont
appelés au combat et donc obligés de rester sur le territoire ukrainien. Ainsi, ce sont les femmes et les enfants qui sont principalement évacués, vers Lviv à l’ouest du pays, où sont organisés ensuite des transports vers des pays
frontaliers et autres états européens.

L’accueil des réfugié.es ukrainien.nes à l’échelle européenne

Si les pays frontaliers à l’Ukraine, à l’instar de la Moldavie ou de la Pologne, connaissent déjà un afflux important de réfugié.es ukrainien.nes, les autres puissances européennes se préparent également à en accueillir. Ursula von der
Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé le 24 février que l’UE était « pleinement préparée » à accueillir les Ukrainien.nes fuyant l’offensive du Kremlin. La Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie ont
déjà promis un accueil à ces victimes de la guerre. À Varsovie, Ylva Johansson (commissaire européenne aux Affaires Intérieures) a indiqué que le pays était «assez bien préparé pour accueillir un grand nombre d’Ukrainiens ». 9 centres d’accueil ont déjà été ouverts près de la frontière. L’Allemagne a manifesté également le souhait d’ « aider massivement » ses voisins, et particulièrement la Pologne, en accueillant sur son territoire des réfugié.es ukrainien.nes. La Roumanie a fait savoir qu’elle était prête à accueillir « un demi-million » de réfugié.es. La Moldavie a d’ores et déjà installé des tentes, abris provisoires, près des villes de Palanca et d’Ocnita, comme l’a fait savoir la présidente moldave, MaiaSandu, sur Twitter.

En France, l’association nancéienne La Belle Porte promet également d’aider les Ukrainien.nes arrivant sur le territoire français à trouver un logement, ou du moins, un abri. Jean-Louis Pierquin, président de l’association, a indiqué que la priorité irait aux familles ukrainiennes ayant fui, car ce sont « les cas les plus difficiles pour trouver un logement et un accueil » (Europe 1).

Les étudiant.es africain.nes discriminé.es.

Tandis que les passages de la frontière vers la Pologne voient des milliers d’Ukrainien.nes passer, les étudiants africains eux restent bloqués en Ukraine, à Kiev ou à Kharkiv. Interviewé par TV5 Monde, Lilian, un étudiant camerounais de 22 ans est bloqué à Kharkiv avec un de ses amis, lui aussi camerounais. Il confie sa détresse face à la situation : si l’ambassade kényane a contacté ses ressortissants et organisé un plan de rapatriement, lui n’a aucune nouvelle de l’ambassade camerounaise. Il indique pouvoir « [se] payer un billet d’avion » mais que « sans communication ni plan d’évacuation, je suis livré à moi même ici ». La BBC parle de « milliers d’étudiants africains bloqués en Ukraine ». L’ambassade kényane a par exemple demandé à ses ressortissant.es de rejoindre d’abord la Pologne et d’ensuite prendre un vol pour le Kenya, les lignes aériennes étant à l’arrêt en Ukraine. De plus, ces étudiant.es sont refusés des trains en direction de la Pologne, où les Ukrainien.es blanc.hes sont priorisé.es, et passent eux sans aucun contrôle d’identité. Ce sont pour l’instant des comptes Instagram militants qui partagent l’information comme la militante de @sansblancderien, qui relaye notamment des messages d’étudiant.es africain.es bloqué.es en Ukraine et dénonce dans un post « des privilèges blancs » (source : @sansblancderien, post du 27 février). Sur Twitter, un étudiant explique que dans les gares “les enfants sont les premiers, les femmes les deuxièmes, les hommes blancs les troisièmes, puis le reste est occupé par les Africains » (@nzekiev) . Stephany Hegarty, journaliste à la BBC, alerte : « Un autre étudiant de Lviv m’a dit que les Africains ne sont pas autorisés à monter dans les trains à la frontière et qu’ils sont laissés sur le quai. Il y a maintenant trop de témoignages pour qu’on puisse les écarter ». Les étudiant.es partagent leur détresse sur les réseaux sociaux : «leur police et leur armée ont refusé de laisser passer les Africains, ils ne laissent passer que les Ukrainiens. » (@nzekiev). Un autre étudiant indique que « la communauté d’Africains en Ukraine [est] bloquée à la frontière, dont la plupart sont des femmes et des enfants » (@Maobeee sur Twitter). Les départs s’organisent eux aussi sur les réseaux, notamment sur l’application Instagram, où des comptes comme @nigeriansleavingukraine et @grupanica communiquent des informations essentielles pour les Africain.es encore en Ukraine et continuent en même temps d’alerter et de documenter la situation sur place.

 

Quelques sources:

https://www.huffingtonpost.fr/entry/ukraine-etudiants-afrique-pris-au-piege-de-la-guerre-russie_fr_621b8db7e4b0d1388f16469b

https://information.tv5monde.com/info/guerre-en-ukraine-la-detresse-d-etudiants-africains-livres-eux-memes-446483

https://www.voaafrique.com/a/des-%C3%A9tudiants-africains-bloqu%C3%A9s-en-ukraine-sans-aucune-aide-/6460296.html