Plus de 200 roses commandées par des élèves « amoureux » vont être distribuées dans les classes à quelques privilégié(e)s à l’initiative du Conseil des délégués pour la Vie Lycéenne. Et oui, c’est bien aujourd’hui, encore, que nous fêtons la Saint Valentin ! 

Quoi de mieux pour raviver la flamme des amants passionnés ! Murmures langoureux, douces caresses, flatteries et baisers enflammés se succéderont entre deux cours, rapidement, évitant le regard réprobateur -mais en ce jour charmé- des professeurs. Même le lycée se soumet en cette belle journée à cette fête des amoureux, proposant ainsi des roses aux couples les plus romantiques -ou à ceux qui auraient « la flemme » d’apporter le plus beau des cadeaux à leur bien aimée.

Toutefois, cette frivole animation exhibant l’amour, ne met pas en cœur tout le monde.

La majorité, délaissée au quotidien -et le remarquant bien plus encore en ce jour- se sentira négligée et défavorisée -de n’avoir pu acheter de roses, sauf par dépit à leurs professeurs. Le cœur autant vide que débordant des amoureux, c’est une morne journée qui s’annonce pour ces célibataires en marge de la société de ce jour ! Espérance, espérance, doux mots qui leur éviteront de se jeter, inconsolables, sur les roses des Belles, leur envoyant en pleine face les épines de la haine.

Écœurés, d’autres encore, anti-consuméristes -et célibataires-, se retiendront, de huer et de hurler aux faces des soupirants, proclamant outrés la commercialisation de cette fête d’amour, car oui pour eux, « l’amour n’a pas de prix » et se fête chaque jour. Certes, l’amour devient en ce jour source de bénéfice  et est mis sur étalage.

« L’amour n’a pas de prix », quel beau discours, mais alors pourquoi tant de pacotille ?

Pour faire plaisir, me répondront-ils, pour montrer la hauteur de notre amour. Mais, pour cela, pas besoin de ce jour. De plus, nous dignes révoltés, nous n‘avons pas besoin de ce genre de supercherie ! Poussés par des valeurs morales ou économiques, un fait est un fait et l’amour « s’entretient ». Tout cela nous renvoie à cette citation : « l’amour n’a pas de prix… il vaut bien trop cher ! ». Quel article ! Quelle valeur ! « Tout ce qui a son prix est de peu de valeur » (Nietzsche), me cracheront ils, vous n’êtes que de simples conformistes encourageant la consommation de masse ! Que d’émotion !

 Mais derrière l’aspect commercial, romantique ou dramatique, se cache celui d’une vraie mafia organisée par des bandes de «célibataires totalement désespérées ».

La semaine précédant ce jour, tout un réseau illégal fut mis en place avec une organisation légendaire, quant à la répartition de l’achat des roses : « qui achète pour qui ». Ainsi, par bande, ces rebelles d’une Saint Valentin basée sur les couples, s’offrent mutuellement des roses – « parce qu’attend, c’est la Saint Valentin quoi, faut que j’ai une rose ! », et trompe ainsi le lycée quand à une éventuelle vie affective existante.

Pire, d’autres encore s’offrent en toute conscience individuellement des roses.

À elles-mêmes. Afin de mieux comprendre ce phénomène, nous sommes allées à leur rencontre. Selon l’une d’entre elles, « c’est trop la honte si tu ne reçois pas de rose ! Toute la classe te voit et puis, oui, il y en a plein qui veulent sortir avec moi [elle hausse le ton] c’est juste qu’ils ne sont pas à Thiers ! ».

D’après nos observations, ce phénomène rendrait mal dans leur peau de nombreuses jeunes filles (et peut être jeunes hommes). Nombre d’entre elles se sentiraient moches et invisibles en ce jour, amenant par la suite un sentiment d’infériorité et une dévalorisation de leur personne.

 C’est sur cette touche tragique, que nous nous quittons et que nous pouvons conclure, que ce bel hymne à l‘amour, qu’ils le veulent ou non, aura un impact important sur leur journée. Alors que vous soyez célibataires, en couples, « indifférents » ou anticonformistes, bonne journée !

Nolwenn