Poème: Dispute entre Satan et Dieu

Ce poème est la suite du poème de présentation de Satan.

Dieu 12 : Alexandrins
Satan 8 : Octosyllabes

 

Dieu
Il suffit, tu en as assez dit, Samaël.

Satan
Ne m’appelez pas Samaël !
Nommez-moi donc comme le monstre
Que vous seul, traître, avez créé !

Dieu
Tu es devenu sans moi celui que tu es
Un monstre ne naît pas d’une chute des cieux
Satan, l’être que tu affirmes être rené
N’est pas conséquence du châtiment de Dieu

Satan
Vous m’assurez ce que vous dîtes
Seigneur, sûr d’avoir fait le bien
Mais Satan sait ce que vous fîtes
À qui déplurent vos desseins…

Dieu
Tu convoitais mon trône, fils ! Tu voulais ma place,
N’ayant pour torche que le brasier de ta haine !
Ta rébellion n’était, de plus, que la préface
De temps dont l’ombre aurait éclipsé l’obsidienne

Satan
Il manque quand même à vos yeux
La peur qu’insufflent mes affronts
À vous qui vous affirmez Dieu
J’essuierai les perles du front.

Soit, nous avons votre version
Je n’ai pas exposé la mienne,
Ce qui se voit dans mon sillon
Est un sol fendu par NOS haines !

Car vous avez brisé les cieux,
Certain de m’en faire tomber !
Vous vouliez l’Homme bienheureux
Alors vous m’avez fait chuté !

Vous vouliez pouvoir les chérir
Plus que vos êtres de l’Azur
Et pour mieux les faire obéir
vous m’avez fait modèle impur !

Père vous m’avez banni du ciel
Pour poser la Foi en leurs yeux !
Les plumes volées de mes ailes
Servent à exaucer leurs voeux …

*Satan se décompose*

Vous ne pouvez, à mes yeux gouffres,
Qu’être affamé de suffisance
Et j’ai les poumons pleins du souffre
Des cendres de votre puissance…

Dieu
Assez ! Ne me force pas à te faire taire
Tu es loin d’avoir droit d’ainsi me diffamer

Satan
Non ! Je dois vous peindre l’enfer
Que vous m’avez fait habiter !

© Pikist

Dieu
Tu as sali mon nom, même souillé mes terres !
Tu prônais la noirceur, la terreur et le sang;
Nommais mes cieux prisons, je t’ai donné l’Enfer
Et je t’ai sacrifié ceux qui gonflaient tes rangs

N’ayant pas de destin tu t’es banni tout seul
Je n’ai rien pris pour condamner ta rébellion
Tes plumes ne font qu’à toi excuse à l’orgueil
Tes ailes perdues… sont dans les cornes à ton front !

Je n’avais d’autre choix que te faire tomber
Tu devenais cruel, abject et méprisable,
Ta chute n’est pas leçon pour l’humanité,
Le poison de tes mots est loin d’être louable.

La haine que tu cries est présente en tes voeux !
Tu viens briser mes portes et te présente en Roi ?
Prends garde Satan car la clémence de Dieu
Cessera bien plus tôt que tu me deviendras.

M.E. Ocean