Depuis son retour en Ligue 1 et grâce à l’arrivée du richissime Dimitri Rybolovlev, l’AS Monaco a semblé changer de dimension pour devenir un immense club sur la scène européenne.

Pendant l’été 2013, le club de la principauté a frappé très fort en dépensant une véritable fortune pour recruter des Top Stars mondiales comme Radamel Falcao, Joao Moutinho ou encore James Rodriguez. En tout, Rybolovlev a dépensé plus de 150 M€ en un été pour faire de l’AS Monaco un club compétitif en Ligue 1 et un candidat crédible aux places européennes. Objectif rempli pour le russe ! A la fin de la saison, son club pointait à la 2ème du championnat et s’est retrouvé qualifié pour la Ligue des Champions.

Une saison plus tard, le mot ambition n’est plus dans le dictionnaire monégasque et le président a clairement changé de cap en vendant les stars qu’il a autrefois acheté. Il a aussi changé d’entraîneur et a stoppé les investissements. Un an et demi après le début du projet monégasque, il est légitime de se demander où en est l’ambition de Dimitri Rybolovlev de faire de l’AS Monaco un grand club ?

AS Monaco auteur : Aniis                                           AS Monaco, où en est-on ? auteur : Aniis

UN MERCATO MAL GERE

Radamel Falcao (60 M€), James Rodriguez (45 M€), Joao Moutinho (25 M€) étaient les hommes forts de l’ambition monégasque durant l’été 2013. Ces joueurs devaient à eux seuls faire grandir le club et lui faire changer de dimension. Lors de leur première saison en Ligue 1, ces stars ont mené à bien cet objectif. L’ASM de Claudio Ranieri (entraîneur) présentait un bon niveau de jeu et a terminé second du Championnat de France de Football (derrière le Paris-SG). On ne pouvait espérer que de belles choses pour l’avenir du club du Rocher.

Le rêve vire au cauchemar pour les supporteurs pendant le mercato estival 2014. Le club asémiste perd tour à tour ses hommes forts et perd toute crédibilité. James Rodriguez quitte le navire en premier (il rejoint le Real Madrid pour 85 M€) et « El Tigre Falcao » le suit pour rallier quant à lui l’Angleterre (en prêt payant de 10 M€ avec une clause d’achat obligatoire de 55 M€ au bout de la saison). Cet argent frais dans les caisses aurait pu augurer un grand mercato pour les monégasques mais il n’en fut rien. Le plus grand transfert côté arrivées est celui du jeune Tiemouné Bakayoko (20 ans) en provenance de Rennes pour 8M€. Sinon, le club a obtenu les prêt de Maarten Stekelenburg (Fulham), Wallace (Sporting CP) et Bernardo Silva (Benfica). Ce ne sont évidemment pas les joueurs qu’attendaient les supporters monégasques car ce ne sont pas eux qui sont censés remplacer les stars parties et continuer à faire grandir le club.

 UN CHANGEMENT D’ENTRAÎNEUR

Le changement n’est pas que sur le terrain. Il y en a aussi sur le banc. En effet, l’entraîneur italien Claudio Ranieri a été remplacé par son collègue le portugais Leonardo Jardim, annoncé comme un génie, exemple type des jeunes entraîneurs portugais qui apportent une certaine finesse au football comme José Mourinho ou André Vilas-Boas. L’AS Monaco a cassé sa tirelire pour s’offrir les services du technicien de 40 ans en payant sa clause libératoire au Sporting Portugal (5 M€).

Comme nous l’avons vu, le natif de Barcelona (Venezuela) n’arrive pas sur le Rocher dans le meilleur contexte. Il voit son groupe amputé chaque jour d’un joueur important sur lequel reposait son schéma de jeu, son président rancunier ne plus vouloir dépenser le moindre centime donc une marge de manœuvre assez réduite pour le portugais qui doit cela dit voir grand et atteindre les objectifs fixés par les dirigeants c’est-à-dire se qualifier pour la Coupe d’Europe et aller le plus possible en Ligue des Champions…  tâche très compliquée donc pour Leonardo Jardim.

LES RAISONS DU RETOURNEMENT DE SITUATION

Les raisons de ce brutal retournement de situation sur le Rocher sont assez floues, la version « officielle » de Vadim Vasilyev (président adjoint de l’ASM) est que le club doit se mettre en règle par rapport au fair-play financier (5M€ de dettes maximum) et que donc il faut réduire la « voilure ». Mais les médias français ont un peu de mal à croire à cette excuse. Selon eux, il y a deux principales raisons qui font que Dimitri Rybolovlev a stoppé les investissements :

Son divorce: En 2014, le divorce entre Dimitri Rybolovlev et sa désormais ex-femme a été prononcé. La note est très salée pour l’oligarque russe qui doit donner la moitié de sa fortune à sa femme. Quand on sait qu’il est classé 149ème fortune mondiale avec 8.8 milliards et qu’il doit en donner la moitié à Elena Rybolovlev, on comprend mieux la perte de sa motivation. C’est sûr qu’avec 4.4 milliards d’euros, l’horizon s’assombrit dans la vie de D.R.

Le passeport monégasque : Rybolovlev a repris le club asémiste en 2011 et c’était alors un club en perdition qui avait de gros problèmes financiers et sportifs. Depuis 2011, le russe a dépensé 230 M€ pour sauver l’AS Monaco et même le faire remonter en Ligue 1. Rybolovlev ne fait pas ça par bonté d’âme. Il avait une motivation cachée. En effet, il espérait en contrepartie de ses efforts financiers obtenir un passeport monégasque pour les avantages fiscaux qui vont avec. Le Prince Albert II Monaco a malheureusement refusé de lui accorder cela. Ce refus a passablement énervé le milliardaire né à Perm (URSS) qui a décidé de mettre fin aux investissements démesurés « pour des raisons personnelles »

En définitive, nous comprenons bien que le projet ambitieux sur le Rocher du richissime Dimitri Rybolovlev est affaibli. Celui-ci, à cause de plusieurs raisons politiques ne veut plus (ou moins) investir dans son club pour le faire grandir. Certains journalistes disent même qu’il envisage de quitter le navire monégasque. Mais dans le même temps, les supporteurs asémistes ont de l’ambition et veulent voir leur club jouer les premiers rôles tant en Ligue 1 qu’en Ligue des Champions… La vie est dure à Monaco.