On a dû vous rabâcher qu’il fallait réussir à l’école, ne pas suivre des inconnus, ne pas accepter les bonbons du gentil monsieur devant l’école, bien se tenir à table ou en cours et qu’il ne fallait SURTOUT PAS prendre de drogue. Plus tard, dans vos études, on a dû aussi vous dire que des écrivains comme Sartre, Baudelaire, Musset étaient complètement « stone » tout le temps. (Généralement en accompagnant cela par des phrases bateau comme « les écrivains sont des gens qui vont mal. » .)

Et l’on peut comprendre que les adolescents ou jeunes adultes pensent aller mal et veulent parfois ressembler à leurs idoles cocaïnomanes en bravant l’interdit de la drogue (je remercie sincèrement Breaking Bad pour cela…). Mais rien ne justifie cette façon de faire « comme tout le monde » en fumant en soirée (ou régulièrement) et en consommant des bonbons magiques pour « kiffer ». D’autant plus que la plupart d’entre vous n’imagine même pas l’envergure du marché de la drogue et de la décadence entraînée par ce genre de substance.

Essayons maintenant de saisir les enjeux contemporains de la drogue, précisément au travers du « Krokodil »,  une drogue bon marché qui ravage aujourd’hui l’ex URSS.

C’est dans les années 2000 en Russie qu’apparaît cette substance. Créée à partir de codéine, de solvants volatiles (comme les diluants de peinture) et d’essence, « le Krokodil », comme on l’appelle, est le substitut idéal à l’héroïne ;  Il coûte moins cher et défonce plus. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Le danger majeur de cette drogue est principalement issu des effets secondaires dus à sa consommation : la peau et les os du consommateur sont rongés et gangrenés. Elle pourrait même parfois être mortelle dès sa première prise. (Et si, par chance, vous y surviviez, il y a une grande probabilité que vous y succombiez 3 ans plus tard.)

« Le Krokodil » a pour atout de se propager dans un contexte favorable.

En effet,  en Russie, depuis 91, certaines régions vivent dans la misère la plus profonde et ce manque de moyen financier pousse les héroïnomanes russes à opter pour ce type de drogues bon marché. (Il n’est pas dur de fabriquer du « Krokodil » et c’est très rentable : la fabrication permet aux consommateurs de produire leurs propres doses ou celles de quelques personnes.)

Parenthèse: Eh non, les Russes ne sont pas des demi-dieux vivant dans un monde étincelant d’argent, de succès et de liberté (comme on pouvait le croire en voyant les jeux de Sotchi). Bien au contraire, dans les faits, la Russie consomme 21 % de l’héroïne mondiale et décroche même la médaille d’or dans cette discipline. Après avoir lu ça, parlez-moi encore de la renaissance du peuple russe et des utopies que prônent les discours de Poutine…

Enfin bref, aujourd’hui, le « Krokodil » n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.  Ce n’est malheureusement pas la seule drogue inconnue de nos jours. Il suffit de regarder le cas de la « Sisa » grecque ou de l’ « oxidado » brésilienne, pour le comprendre.

Peu à peu, ces drogues bon marché seront exportées et nul doute que les conséquences seront dévastatrices.

L’apparition de telles drogues, fabriquées dans de minuscules laboratoires cachés, est une réponse évidente à la lutte anti-drogue, qui axe principalement sa campagne contre les drogues dures.  Alors qu’elle devrait lutter contre  les drogues douces, véritables « portes d’entrée » aux drogues dures .

« Allumer un joint c’est un peu ouvrir la boîte de Pandore. »  

Réfléchissez-y la prochaine fois qu’on vous propose de « kiffer » votre soirée…

(Et n’oubliez pas que Baudelaire est mort d’une hémiplégie, à 46 ans …)

D’autres sources:
Qu’est-ce que la drogue réellement : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/drogue/44828

Qu’est ce que le Krokodile : https://www.youtube.com/watch?v=NBDP0oJyd3E (Choquant)

BOBBY IV