Nouvelle rubrique ouverte aux articles rédigés en classe dans le cadre d’une discipline ou d’un croisement de disciplines. Ci-dessous, il s’agit d’un projet de rédaction d’articles sur le thème du développement durable à Marseille rédigés dans le cadre de l’accompagnement personnalisé  en seconde E et F à l’initiative de M. Vilanova, professeur d’histoire-géographie (4).

Le premier projet de développement durable de Marseille date de 1995, avec le projet Euroméditerrané, le plus gros projet d’aménagement urbain d’Europe du Sud. Vingt ans, de nombreux projets et quelques milliards d’euros après, où en est la cité phocéenne ?

La cité phocéenne s’est lancée en 1995 sur le chemin du développement durable, en lançant Euroméditerranée. Ce projet consiste en un réaménagement de certains quartiers de la ville (1er, 2ème, 3ème, 4ème, 14ème et 15ème), et est encore en cours de réalisation.
Mais ce projet en a aussi entraîné d’autres dans la ville. Vingt ans après le début du développement durable, où en est la ville ?

Vue prospective de la tour CMA-CGM et du quartier rénové des docks.

Le projet Euroméditerranée

Les mots  »lente progression » sont les mots qui qualifieraient le mieux l’avancée de la cité phocéenne dans le développement durable. La première action de la ville dans ce cadre fut le projet Euroméditerranée, un projet de réaménagement urbain lancé en 1995, et destiné à reconvertir des quartiers abandonnés ou dégradés de la ville (comme les docks), revaloriser certains espaces (le quartier d’affaires de la Joliette), et, en règle générale, donner un rayonnement international à Marseille, qui avait pris du retard par rapport aux autres villes françaises (ne citons que Grenoble, avec son quartier Flaubert refait à neuf il y a de cela quelques années).
L’objectif d’Euroméditerranée, ou « Euromed », était donc de créer une ville dans la ville, qui répondrait à tous les piliers du développement durable. A coups de milliards d’euros, de centaines d’ouvriers et une bonne quinzaine d’années, le projet a été fini, et Euromed 2, un autre projet de développement durable, a été lancé. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Le quartier de la Joliette a été entièrement rénové : 300 000 mètres carrés de surface ont été construits, 1659 logements ont été construits, ou rénovés, un collège a été créé ex nihilo, et ce quartier qui était auparavant résidentiel et qui ne présentait que peu d’intérêt économique est devenu le centre économique de Marseille, qui possède désormais un quartier d’affaires dynamique.

Il en va de même pour le quartier Saint-Charles : 10 000 mètres carrés de bureaux, et 4000 mètres carrés de commerces ont été réaménagés, 800 logements ont été créés ou rénovés, et un parking de 500 places a été réalisé, dans le but de fluidifier le trafic et alléger les rues encombrées de voitures du quartier. Le quartier voit même de plus en plus d’étudiants marseillais arriver, car des logements étudiants ont été créés, en partenariat avec l’université Paul Cézanne, installée à Marseille et à Aix-en-Provence.

C’est sans parler de la réhabilitation de la rue de la République, artère économique et résidentielle, où 5200 logements (dont 500 sociaux) ont été rénovés, et où 120 000 mètres carrés de surfaces destinées aux commerces ont été remis à neuf, ce qui a permis d’attirer des grandes enseignes comme H&M ou Celio.

Le bilan final est clair. 

Le projet Euroméditerranée a été une réussite sur tous les plans sur lesquels il s’est engagé. En redonnant un éclat au quartier de la Joliette, en rénovant la rue de la République et en lui offrant des enseignes de prestige, le pilier économique a été mis en place et le projet a lancé Marseille dans un développement économique durable.

Des personnes ont été employées durant tout le projet, et des logements sociaux ont été créés en grand nombre à la Belle de Mai, dans la rue de la République, et tous les autres quartiers encadrés par le projet Euromed : le pilier social a été mis en avant. Mais c’est sans oublier le pilier environnemental : des arbres ont été plantés tout le long de la rue de la République pour redonner de la verdure à l’artère, et il en est allé de même dans le nouveau quartier de la Joliette, où des espaces verts ont été installés. L’écoquartier du projet Euroméditerranée 2 enfoncera encore plus le clou au niveau environnemental, grâce à ses panneaux solaires et espaces verts.

Mais bien que le projet Euroméditerranée fut le tremplin du développement durable à Marseille, il n’est pas le seul projet existant : plusieurs autres ont été lancés, toujours dans la même optique du durable, et ont déjà été réalisés, ou sont en chantier, et seront bientôt finis.

Les autres projets du développement durable

Euroméditerranée a beau être le plus célèbre en raison de son importance dans les médias et son coût (7 milliards d’euros d’investissement, dont 5 milliards d’euros de fonds privés), Marseille accueille aussi bien d’autres projets de durable. Que ce soit les projets d’aménagement de l’autoroute A7, de rendre le centre-ville de Marseille  »car-free » (interdire les voitures dans le centre) ou de développer le métro, les projets sont multiples, et bien que tous différents, ils convergent dans la même direction : le durable.
Nous prendrons ici deux des exemples les plus frappants : celui du développement du tramway, et celui de l’écoquartier du Vélodrome.

Le tramway est un système de transport écologique.

Il dépense moins d’énergie que la voiture, et permet de transporter plusieurs passagers à la fois : plutôt que chacun prenne sa voiture et rejete du CO2 dans l’atmosphère, les Marseillais peuvent donc prendre le tramway, et se déplacer sur les deux lignes de tramway. Enfin, trois lignes à partir de mars 2015. Effectivement, les voitures polluant énormément, il a été décidé que, pour poursuivre le développement durable du projet Euromed, il faudrait remettre à neuf les tramways de Marseille. En 2007 a été créé un nouveau réseau, la ligne unique partant d’Euroméditerranée-Gantès à Les Caillols. En mars 2010, la ligne de métro a été rallongée, pour desservir les habitants proches de Euroméditerranée-Arenc (qui a été rebaptisée Euroméditerranée-Le Silo en 2011).

En mars 2015 a été inaugurée la nouvelle station Canebière-Capucins, sur la ligne 2, et a été ouverte la ligne 3 entre Arenc-Le Silo et Castellane, ligne 3 qui compte donc 5 nouvelles stations.

Ces lignes de tram, empruntées par environ 53 000 personnes chaque jour, ont permis une certaine prise de conscience des Marseillais vis à vis de l’écologie : le trafic de voitures a été réduit grâce aux deux premières lignes de métro, et il le sera encore plus grâce à la troisième ligne inaugurée en mars. Le métro est aussi payant, et la ville embauche des salariés pour le faire fonctionner chaque jour. Les trois piliers du développement durable, économique, social et environnemental, sont donc réunis.

Un autre projet de grande envergure est en chantier en ce moment : celui du  »quartier du stade Vélodrome ».

Ce quartier, qui vise à avoir le label  »Ecoquartier », est un quartier 100% écologique sorti de terre autour du stade Vélodrome, un lieu culturel très symbolique pour les Marseillais. Celui-ci sera fini entièrement en 2017, et comportera des logements (dont des logements sociaux), un centre commercial haut de gamme (abritant par exemple les galeries Lafayette), ainsi que la clinique Monticelli, une clinique dédiée à la chirurgie ambulatoire, et qui fait partie des meilleurs cliniques françaises.
Ce quartier sorti de terre est totalement inscrit dans la logique du développement durable. Le stade Vélodrome rénové pouvant accueillir plus de supporters, ainsi que le centre commercial, seront des atouts économiques majeurs pour le nouveau quartier. Les nouveaux logements construits à proximité, qui sont des logements inter-générationnels (où les étudiants ne seront pas plus favorisés que les personnes âgées, et vice-versa) ainsi que des logements sociaux, font partie du pilier social du quartier. Sans oublier évidemment les immeubles en eux-mêmes, qui seront auto-suffisants : grâce aux panneaux photovoltaïques, ces immeubles consommeront leur propre énergie, sans en gaspiller et sans relâcher du CO2 dans l’atmosphère. Les trois piliers essentiels du développement durable sont rassemblés, et le quartier vise à obtenir le label  »Ecoquartier », tout comme l’écoquartier BedZED dans la banlieue de Londres.

Et au final, ça donne quoi ?

Marseille est sur le bon chemin vers le développement durable. Les opérations économiques, environnementales et sociales sont lancées pour tous les quartiers ; le développement durable est bien lancé dans la cité phocéenne. De nouvelles rames de métros peuvent être créées, Euroméditerranée 2 sera finie d’ici quelques années et renforcera l’économie de la ville tout en mettant aussi en avant le côté social et environnemental, et plusieurs autres projets sont en préparation. Alea jacta est.

Article rédigé par Timothée