Dans le cadre du Prix Littéraire 2012-2013 du lycée Thiers, nous publions des articles de critique littéraire sur les romans en compétition. Ces critiques sont réalisées librement par des élèves issus des classes qui participent au projet.

A propos de « Des Eclairs » de Jean Echenoz, éditions de Minuit, 2010

« Des Eclairs » s’inspire assez librement de la vie de Nikola Tesla (1856-1943), célèbre inventeur, principalement connu pour ses travaux sur l’électricité. Son double littéraire est ici Grégor, brillant inventeur, qui une fois arrivé aux Etats-Unis, se concentrera sur des inventions révolutionnaires, parfois en dépit du reste…

Ce roman surprend agréablement sur bien des points, le premier étant son sujet. Faire de la fiction à partir de personnages réels n’est pas vraiment original en soi. Un exemple classique pourrait être « Voyage au bout de la nuit » de Céline… Mais, « des éclairs » se démarque non seulement par le personnage choisi (un inventeur d’origine serbe, à l’influence certes indéniable, mais dont la vie ne ressemble pas tout à fait à un modèle d’aventures littéraires), mais aussi par le ton. La vie de Nikola (ici appelé Grégor) est racontée sur un ton léger, et avec une certaine exagération comique, et ce, dès le (surprenant) premier chapitre.

L’histoire de « des éclairs » est plutôt simple et se déroule assez vite (le livre ne dépasse pas 200 pages), portée par la narration. Elle arrive à captiver le lecteur tout au long de l’oeuvre.

Les personnages ne sont pas extrêmement développés, et à l’exception de Grégor, peuvent parfois sembler un peu caricaturaux. Néanmoins, étant donné que l’intérêt majeur de l’oeuvre ne se trouve pas dans ceux-ci, cela n’affecte pas trop la qualité générale du livre.

Le style porte l’oeuvre. Assez particulier dans son exagération, parfois presqu’épique, il reste fluide tout au long du roman. La narration est simple dans sa forme et reste très agréable à lire. Cependant, nous nous retrouvons parfois à espérer que « des éclairs » soit plus poussé encore dans son originalité, notamment au niveau de l’histoire. Une impression de retenue de la part de l’auteur peut parfois se faire sentir.

« Des éclairs » reste cependant une lecture rapide, agréable, et qui permet d’aborder un sujet rarement traité, d’une manière rarement vue.

PINATEL Arthur, TL1