L’an passé, le prix littéraire des lycéens est revenu à Marcel Cohen, auteur de Sur la scène intérieure: Faits. Retour sur ce livre!

Roman de la mémoire silencieuse, retraçant le traumatisme d’un petit bonhomme dont la famille a été décimée par la shoah quand il avait 5 ans.

Pour ceux qui se souviennent, la mémoire ne relève ni du devoir, ni d’une fraternité posthume.

Manifeste du « silence assourdissant » engendré par la mémoire d’un traumatisme mondial, de la rupture humaine du siècle passé.

Récit qui offre la possibilité d’oublier une mémoire universaliste, d’oublier des faits généraux engourdissants, pour exposer des faits dépourvus d’objectivité. Offrir l’instant particulier, offrir la poésie d’une perception.

Durant la rencontre avec les lycéens en avril 18, Marcel Cohen nous a dit: « je ne sais rien sur la shoah, comme vous, j’ai tout appris dans les livres. »

C’est pourquoi le sujet n’est pas la guerre, mais bien l’indicible horreur, l’enfermement ineffable d’un humain face à la cruauté d’un autre.

Se souvenir d’une émotion, se souvenir que chaque victime de cette guerre fut humaine.

Le cercle des poètes disparus