Des élèves de seconde A en « littérature et société » se sont prêtés au jeu de la critique littéraire, avec  leur professeur de lettres, M. Gilly.

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Paul-Henry a lu Article 353 du code pénal:

Telles les Panzerdivisionen allemandes perçant le front français à Sedan, le nouveau roman de Tanguy Viel sonne comme une salve d’artillerie de 800mm dans la littérature française, ou plutôt comme une alerte, comme un signal de détresse alertant de sa constante dégradation.

Ce roman qui achèvera, ou manquera de le faire, la réputation des Éditions de Minuit qui, après avoir publié des gloires nationales telle que Jean-Paul Sartre, se retrouve à publier des inepties du plus bas niveau…

Ce roman cumule absolument tous les défauts imaginables et inimaginables. Aussi bien ceux, accidentels comme les fautes typographiques, que ceux plus volontaires comme le cynisme de vieux politicien, l’irréalisme ou encore la platitude constante du récit qui en viendra parfois à vous faire vous demander si vous n’êtes pas en train de subir une torture.

Tout commence avec le héros, Martial Kermeur, qui reçoit des indemnités qui causeraient un infarctus aux membres du MEDEF, 500.000 francs, un demi-million (l’histoire se passant apparemment avant l’euro) ! Et alors que tous ses collègues achètent un bateau de pêche, décision sage et sûre, M. Kermeur garde tout son argent chez lui, même sans rien en faire ; un type qui est capable de raconter sa vie en figures de style est incapable d’avoir un sens économique supérieur à celui d’une huître pas fraîche !
Et pour détourner l’attention afin de faire passer la pilule, l’auteur entreprend de lui faire raconter des anecdotes malhabiles à propos de sa malchance. Ce qui fait qu’après la bêtise et l’incroyable, nous avons l’improbable; car sérieusement, comment les statistiques pourraient-elles permettre que dans une temporalité aussi réduite autant de choses rarissimes arrivent à quelqu’un ?

Mais le clou du spectacle (ou plutôt du cercueil) est la parodie de métaphore qu’est l’inhumaine discussion entre le juge et Kermeur ! J’entends par là que sa lecture devrait être, si ce n’est interdite, du moins déconseillée pour les personnes fragiles ! Elle ne symbolise rien du tout car il n’y a absolument rien à symboliser, et ne fait que rendre le texte encore plus imbuvable, et qui plus est, elle est une insulte au nom du livre ! Alors que le livre a comme nom un article du Code pénal, le juge fait, non preuve de mansuétude envers Kermeur, non, mais nie les faits : c’était une non-assistance à personne en danger, avec peut-être, des circonstances atténuantes, mais alors que même un aveugle le verrait et jugerait en conséquence, le juge prend plusieurs longs et ennuyants chapitres pour parler de détails qui n’ont aucune importance, si ce n’est celle de remplir des pages !

Cependant, ce n’est pas fini, car il y a un plus, une relation père-fils qui n’a rien à envier aux meilleurs des pires navets du cinéma ! Le fils de Kermeur se retrouve seul avec lui après que sa femme est partie. Martial Kermeur nous raconte la trajectoire de son fils depuis son divorce jusqu’à la prison, un parcours que l’on pouvait facilement deviner à l’avance étant donné le côté mélodramatique du roman. Cela rend d’ailleurs les évènements encore plus rébarbatifs.
La fin, elle, laisse sans voix, je ne dirais pas qu’elle est aussi cynique que les procès de Moscou, ce serait les insulter !

En bref, ce bouquin est bon en rien, mauvais en tout et ne mériterait que le sort des invendus car invendables : le Pilon !