Nous entamons une série de gros plans sur les différentes sections du lycée vues par les élèves qui les pratiquent. Voici notre premier gros plan sur la section « ES » (1) 

En ce milieu d’année scolaire, il est temps pour les élèves de seconde de s’interroger sur la section qu’ils prendront l’année prochaine. Ils ont donc le choix entre trois filières (Scientifique, Littéraire, Économique et Sociale), qui proposent toutes un apprentissage spécifique.

La section « ES » propose un enseignement rénové de sciences économiques et sociales pour s’approprier progressivement les concepts, méthodes et problématiques essentiels des 3 sciences sociales (économie, sociologie et politique) ; en bref, elle nous aide à comprendre le fonctionnement de la société dans laquelle nous évoluons chaque jour. Cette filière s’adresse donc à ceux qui s’intéressent aux questions d’actualité et aux problématiques économiques et sociales du monde contemporain.

 Ce descriptif rend la « ES » très intéressante et on pourrait s’attendre à ce que bon nombre d’étudiants la choisissent. Pourtant, il n’en est rien. Le poids des préjugés et la « glorification de la S » vont à l’encontre de ce choix. En effet, on croit souvent que seuls les mauvais élèves vont en « ES ». Il n’est pas rare d’entendre dire que« la filière ES est une section poubelle ». Or, de très brillants élèves vont en « ES » et obtiennent d’excellents diplômes.

 Ce préjugé peut aisément bloquer les « bons » élèves, d’autant plus quand il est formulé par nos propres professeurs : « Vous compromettez votre  avenir », « la S, c’est la ES mais en mieux », « Tu fais la filière ES ? Mais, tu n’étais pas un bon élève ? »…

D’innombrables phrases, tournées d’innombrables façons pour nous dire que la section « ES » n’est pas une réelle section.

Seulement, ceux qui tiennent ce genre de propos oublient un peu trop souvent que ce sont les élèves qui vont devoir assumer leurs choix. Et rien n’est plus horrible que de suivre un enseignement qui ne leur correspond pas et qui les ennuie. Si l’on est intéressé par la discipline des sciences économiques et sociales, alors il n’y a aucune raison pour ne pas briller dans cette section. Il est bien plus difficile d’apprendre des centaines de propriétés chimiques alors que l’on n’en a rien à faire.

 D’autres préjugés subsistent comme par exemple le fait que le travail en « ES » est moins important qu’en « S »… Encore faux, le travail dit « scolaire » est certes moins conséquent qu’en « S ». Seulement, il est grandement conseillé aux élèves de « ES » d’avoir une bonne culture générale et d’avoir toutes sortes de connaissances externes que ce soit à propos des cours ou sur l’actualité. Le travail d’un élève de « ES » se révèle donc parfois plus conséquent que celui d’un élève en « S ». La différence se situe peut-être au niveau du contrôle des connaissances de l’élève par le professeur. Ainsi, l’élève de « ES » est beaucoup plus autonome dans son travail personnel.

Quant au niveau de difficulté, il est le même que dans les autres filières : il est peu aisé de comprendre certains mécanismes sociologiques et politiques ou même de savoir comment fonctionne un marché financier ou la monnaie elle-même…

Pour finir, d’autres disent encore que l’élève en « ES » « compromet son avenir » ou « qu’il n’est pas prêt pour les études supérieurs ».  Encore un immense préjugé ! La section « ES » prépare parfaitement les élèves aux concours d’entrée dans les grandes écoles, que ce soit celles de commerce ou surtout Science-Po, où un élève de ES avec la mention très bien à son bac n’a pas besoin de passer le concours d’entrée. Dans ces écoles, on ne regarde pas seulement si vous savez calculer des fonctions aux noms compliqués, mais aussi bien votre compréhension de l’économie et vos connaissances de l’actualité. Et pour cela, c’est en « ES » que l’on est le mieux préparé.

 Enfin, voici un conseil à tous ceux qui hésitent entre « S » et « ES », prenez la section avec le programme qui vous attire le plus, tout en vous écartant le plus possible des préjugés (démarche fondamentale dans la compréhension de la sociologie).

Ne vous lancez pas en « S » tête baissée car si une fois en « S », vous vous rendez compte que vous n’accrochez pas au programme de Première, votre avenir risquera d’être compromis.  En « ES », vous vous plairez beaucoup plus et vous aurez envie de travailler de façon volontaire : le plaisir et la motivation sont la seule façon de réussir dans ses études.

 Théo

 Sources :

-onisep : choisir mes études : bac ES

-cahiers pédagogiques : « Tu fais la filière ES ? Mais tu n’étais pas bon élève? »