Mercredi 6 mars 2019 se tenaient pour la première fois à Marseille Les Rencontres Régionales des Journalistes Jeunes, à l’initiative de l’association Jets d’Encre en partenariat avec Le Clemi d’Aix-Marseille. L’occasion pour six élèves rédacteurs de La Terre en Thiers de rencontrer d’autres jeunes de collèges et lycées de la région qui font des journaux scolaires et de participer à des ateliers. Quelques moments ont retenu notre attention! 

 

Une cinquantaine de jeunes étaient présents lors de cette journée de rencontre et de formation qui s’est tenue mercredi 6 mars de 9h à 17h à l’Atelier Canopé, boulevard d’Athènes, pas très loin du lycée.

Occasion d’échanger, de partager les pratiques, de débattre des problématiques qui rythment la vie d’un journal entre journalistes jeunes venus de toute la région.

Jets d’Encre?

Tout d’abord, une petite présentation de l’association Jets d’Encre, organisatrice de l’événement:

Jets d’encre est un association nationale pour la promotion et la défense de la presse d’initiative jeune. Jets d’encre consacre son activité à la défense et à la reconnaissance des journaux réalisés par les jeunes de 12 à 25 ans. Réseau indépendant de rédactions jeunes, Jets d’encre existe grâce à elles, pour elles et avec elles : l’association est animée par des jeunes bénévoles de moins de 25 ans issus de la presse jeune, et la moyenne d’âge de son Conseil d’Administration est de 20 ans. 

Jets d’Encre défend les droits et devoirs de la presse jeune, à travers la charte des journalistes jeunes (ICI )

Chaque journaliste jeune peut demander une carte de presse jeune qui lui donne une vraie reconnaissance ( ICI )

La carte de presse jeune éditée par Jets d’Encre

L’association est à l’origine de plusieurs événements:

  • Le festival Expresso
  • Kaléïdo’scoop, concours national de la presse jeune
  • Press’citron, université d’été …

Le site à consulter: http://www.jetsdencre.asso.fr/

Encouragements à faire du journalisme!

Pour Léa Haurie-Hantas: « un article est un témoignage de votre besoin urgent ».  « C’est du militantisme, ce qui ne veut pas dire qu’il y a quelque chose derrière ». Le rôle d’un journal scolaire consiste à porter la parole de l’élève au sein de l’instance. 

Liberté d’expression: Jusqu’où peut on aller?

C’était le thème d’un des ateliers du matin, animé par Louise et Julien.

On commence par un petit jeu. Chacun devait présenter une personne qu’il/elle ne connaissait pas. On avait alors trois minutes pour faire connaissance avec une personne d’un journal différent.

Délits de presse?

Sur des post-its, il s’agissait de lister les articles que nous pensions avoir le droit d’écrire et ceux que nous pensions ne pas pouvoir écrire.

Trois délits de presse ont été retenus, pour lesquels la liberté d’expression est limitée  :

  • Il est interdit aux journaux jeunes de faire du prosélytisme, c’est à dire d’inciter à avoir le même comportement que soi
  • Les atteintes à l’ordre public relèvent de deux catégories
    • La diffamation: un propos qui porte atteinte à l’image ou à l’honneur de quelqu’un
    • Les injures: un propos insultant, gratuit, sans aucun fondement
  • Les atteintes au droit à l’image: afin d’utiliser une image, il faut que celle-ci soit libre de droit ou avoir l’autorisation de toutes les personnes. Ce n’est pas la même autorisation si la photo représente un groupe (mais aucune loi ne définit réellement ce qu’est un groupe…)

Conclusion de Julien Simon:  “Une grande liberté d’expression implique aussi de grandes responsabilités”.

Responsable de publication?

La personne qui est responsable de publication du journal est appelée « directeur de publication ». C’est le représentant mineur ou majeur qui doit regarder tous les articles avant la publication pour vérifier qu’ils sont en accord avec la loi. Cette personne est tenue pour responsable si jamais quelqu’un porte plainte. Mais,  la responsabilité en cascade implique que toutes les personnes composant la rédaction du journal sont plus ou moins impliquées.

Rappel à la loi

Loi de 1881 sur la liberté de la presse

La liberté d’expression est également encadrée par plusieurs lois différentes:

  • DDHC (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) de 1789
  • Loi sur la liberté de la presse de 1881
  • Loi sur l’audiovisuelle de 1982
  • Convention internationale des droits de l’enfant (un enfant est législativement un individu de moins de 18 ans) de 1989
  • Circulaire sur les journaux lycéens (Ils peuvent avoir un responsable de publication jeune avec accord des parents) de 1991
  • Tous les jeunes dès 16 ans peuvent être responsables de publication
Mentions légales:  l’Ours

Les mentions légales sont aussi appelées “Ours”. 

Pour les journaux papiers, doivent apparaître le numéro du journal, le nom des personne du journal (nom de plume ou vrai nom sauf le directeur de publication qui doit mettre son nom complet) le nombre d’exemplaires  ainsi que l’adresse d’impression.

Pour les journaux web il faut seulement mettre l’adresse d’hébergement et le nom des personnes de la rédaction.

Censure

Différents types de censure ont été évoqués lors de l’atelier:

  • L’auto-censure: lorsque la personne écrivant ne s’autorise pas à écrire réellement comme elle le veut, par pudeur ou par peur d’aller  à l’encontre de la loi et de se faire censurer a priori ou a posteriori.
  • A priori: c’est la censure qui intervient avant que l’article soit publié
  • A posteriori: c’est la censure qui intervient lorsque l’article est déjà publié et qu’il reçoit une plainte.

Il existe une branche rattachée à Jets d’encre qui est chargé de nous aider à savoir si notre article est ou pas publiable au sein d’un journal:

SOS-CENSURE

http://www.jetsdencre.asso.fr/sos-censure/

Débat mouvant

Une vue de dos de la séance plénière de débat mouvant où chacun lève son petit papier

Reprise l’après-midi avec un débat mouvant autour de plusieurs questions. Les élèves dans la salle donnaient leur avis grâce à des post-it de couleurs: rose pour dire un désaccord, vert pour dire un accord et bleu pour dire ni l’un, ni l’autre, mais entre les deux. Chacun pouvait prendre la parole au micro et justifier son choix.

Quelques exemples:

Est-ce que mon avis compte autant que celui de journalistes publics?

“Avant d’être des célébrités c’était des personnes comme vous et moi”

Dois-je adapter le contenu de mon journal à son lectorat ?

“Votre responsabilité c’est d’être des enquêteurs qui ont des avis”

J’ai une information, dois-je attendre qu’ils en parlent sur des journaux nationaux pour pouvoir en parler?

“Vous les journalistes jeunes, c’est à vous de prendre la parole avant qu’on ne vous la donne »

D’autres ateliers

Lors de cette journée, d’autres ateliers ont eu lieu:

  • Comment résister aux fausses informations? Fake news, intox, rumeurs, comment les distinguer?
  • Une web radio au lycée, comment est-ce possible? Ont été abordé le travail de chroniqueur et de journaliste radio, leurs différences. Un enregistrement a eu lieu et des sujets ont été proposés et traités comme par exemple la marche pour le climat. 
  • Quelles sont les techniques de communication des journaux sur les réseaux sociaux? Par petits groupes , il s’agissait d’imaginer des stratégies de communication pour différents types de journaux. Comment gérer
    la communication de son journal sur les réseaux sociaux afin d’en optimiser la visibilité et notamment,
    comment faire un rétro-planning , planning d’avant publication d’un numéro ou d’un article.

Un discours et un goûter ont clôturé la journée.

Un grand merci  aux animateurs de Jets d’Encre et au Clemi d’Aix-Marseille!