Vendredi 26 janvier de 14h à 16h, les élèves de 1L, TL, 2A et 2FG « littérature et société », accueillaient au CDI l’auteur René Frégni pour son roman Les Vivants au prix des morts dans le cadre du Prix Littéraire du lycée . Un échange chaleureux dont une élève de TL donne sa vision.

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Droits réservés – René Fregni tient son livre pour Jules en 1L qui en lit un extrait

Marseille, Ville qui a vu mon enfance; Ville que j’ai vu grandir.
Ville du roman noir, Ville coupée au couteau, Ville qui s’enlise.

Marseille il y a une cinquantaine d’années, lieu différent, plus humain mais malgré tout:

dure Ville.

René, marginalisé à cause de ses lunettes, dès sa rentrée de sixième, il s’est senti rejeté de l’école par ses camarades qui l’appelaient « quatre œils ».

Il a fui cette vie douloureuse pour renaître dans une réalité idéale.

Souvent, il loupait les cours pour aller au Cinéac voir « des films qui vendent du rêve ».

Plus tard, il a été emprisonné six mois, la première journée dura vingt ans à ses yeux.
Dès la deuxième, il se mit à lire ; à écrire ; à s’évader.

Il dit : «la prison c’est l’université du crime, il faudrait un lieu où réapprendre à vivre à ces hommes.»

Voici le métier de cet homme ; vivre, apprendre à ressentir l’émotion, transmettre l’échappatoire qu’est la littérature ; aussi bien au plan de la lecture qu’à celui de l’écriture.

Faire sonner les mots.
Entendre leurs bruits.
Entendre leurs vibrations.
Se laisser emporter.
Vivre.

Le lecteur est tel un chasseur d’émotions ; attrapant au vol toutes celles dont il a besoin pour vivre l’instant. L’auteur serait le chien de chasse, il sent les mots, trouve une piste, la suit et tombe sur l’émotion qu’il fige par les mots. Pour Frégni, l’auteur se perd entre fiction et réalité.

Peut-être bien que ces émotions saisies par les mots tracent une sorte de « Roman des Possibles ». La conscience humaine permet de concevoir ce qui aurait pu être autrement – écrire permet d’offrir une réalité qui n’est pas.

Tromper l’ennui, s’ouvrir au Monde.
Lire un livre, c’est faire pélerinage.

A la fin d’une lecture, l’on a gravi une montagne. Plus l’on découvre de montagnes, mieux l’on connaît le Monde.

Droits réservés

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C’est cet amour de la littérature que René Frégni a transmis plus de dix ans durant aux Baumettes ou à Edouard Toulouse. Il a transformé des individus par l’écriture, il a enrichi des hommes avec de simples mots. Il leur a offert des voyages, des émotions nouvelles, des émotions perdues ; celle de l’érotisme par exemple.

Sujet d’écriture : «le Talon Aiguille.»

L’essence de l’homme est mise à nu par les passions, elles lui sont indispensables, elles apportent l’Energie. Ces simples mots ont éveillé un instinct enfoui au fond de ces hommes tristes, les ont réveillés, leur ont rappelé la beauté du monde, la beauté d’une femme.

Quand l’intellect meurt, l’homme ne survit pas, mais tant que le cœur bat, un espoir subsiste.

Un Homme Simple muni d’une Plume et de papier a fait exister des hommes par l’écriture ; il les a fait renaître.

Dans son livre Les Vivants au prix des Morts, la place de sa compagne est majeure au début de l’œuvre.
Isabelle, avec son parfum de vanille, adorée de ses vingt-huit élèves, est décrite idéalement.

«Elle est avec les arbres et les oiseaux comme avec les enfants. Rien n’est plus simple que l’amour, il faut faire, en souriant, quelques gestes simples.»

A la suite de l’interrogation d’une élève à propos de cette description presque caricaturale de la jolie jeune femme aimante et douce, l’auteur répond «Certes elle peut manquer de caractère dans mon roman mais vous ne l’avez pas vue au lit !»

Voici un homme vivant, René Frégni.

Le Cercle des Poètes Disparus