Point de vue d’étudiants à l’occasion de la Coupe du monde des prépas au lycée Thiers:

Un match entre les sections féminines du PSG et l'ASSE (Wikimedias commons)

Encore un effort pour que les filles soient représentées à la Coupe du monde des prépas comme elles le sont par exemple aujourd’hui dans le football ! (Wikimedia Commons)

Qu’elles sont belles ces images de Coupe du monde des prépas ! De braves garçons, forts et gaillards, tels des chevaliers de la Table Ronde, s’affrontant héroïquement sous les regards attendris des demoiselles.

Ils se battent vaillamment, exaltant leur force physique, au centre de l’arène des gladiateurs, applaudis, acclamés et même admirés pour leurs grands exploits. Telle une armée de combattants devant sauver la patrie en danger au péril de leur vie, ils sont le dernier recours pour sauver l’honneur. Au bord de cette scène dantesque, les chères dames ne sont que d’humbles spectatrices, pareille à de sublimes statues enrichissant le décor de cette épique fresque.

Trêve de plaisanterie. Ce qui vient d’être décrit est la triste réalité de la Coupe du monde des prépas. Les spectateurs, dont la majorité sont des filles, sont réduits, pendant un mois, à encourager leurs homologues masculins. Les garçons sont acteurs, au centre de l’attention, quand les filles sont accolées au statut passif de spectatrice, rôle secondaire, complémentaire à celui des « hommes ».

Dès lors, cet événement illustre une forme de ségrégation des genres, très marquée dans les milieux scolaires élitistes et notamment dans les CPGE. Au niveau national, elles représentent 43% des étudiants de CPGE. Ce chiffre, qui connaît une certaine progression, masque d’autres inégalités. Dans les filières scientifiques, dont les débouchés sont plus importants que dans les filières littéraires, elles ne représentent que 30 % des élèves. Et le lycée Thiers est loin d’être une exception. On recense seulement 5 garçons en Hypokhâgne A/L dans une classe d’une trentaine d’élèves alors que dans une classe de PCSI, sur une cinquantaine d’élèves, elles ne sont que neuf courageuses à occuper les bancs.

Il ne s’agit pas de demander la suppression de la coupe du monde des prépas, événement indispensable à la vie culturelle du Lycée Thiers, on pourrait promouvoir l’organisation d’autres compétitions sportives. Ainsi, le football cesserait d’être la norme dominante et cela permettrait aux spectateurs-rices d’avoir également leur place. Enfin, plus ambitieux, nous pourrions développer la mixité dans les équipes ; pour que la fête soit plus belle.

B /L Rebelles