Un poème qui témoigne d’une certaine éducation des jeunes femmes à l’égard des hommes… 

J’ai voyagé dans le monde entier, mais jamais dans le coeur d’un amant,
On m’a dit qu’à force d’être loin, je ne perdrai pas de temps,
À aimer ou à chérir,
À détester ou à haïr.
On m’a dit que souvent, en préférant le silence,
Ou en écoutant le vent,
Le calme circulerait dans mon sang,
On avait raison de me dire,
Qu’une jeune fille ne devait pas nuire,
Qu’elle ne peut pas se permettre de fuir,
Quand elle est inquiète ou quand elle a peur,
Qu’une jeune fille doit apprendre dur comme fer à surmonter la douleur.
On m’a dit aussi qu’en restant seule, j’apprendrai à devenir indépendante,
Que les hommes sont tous les mêmes et que s’ils abusent de nous, c’est notre faute.
On m’a dit que la femme n’a de nos jours plus de valeur,
Qu’au lieu d’être jugée pour son coeur,
On la voit comme un simple corps,
Que si elle désobéissait ou était contre l’avis d’un homme,
On l’abandonnait à son sort.
On m’a dit plein de choses à ce sujet,
Oui, même jeune à mon âge,
On m’a habituée à l’idée de rejet.