Partout en France, les pages « Spotted » du réseau social Facebook peuvent connaitre des dérapages et Marseille n’est pas épargnée par ce phénomène qui dépasse sans aucun doute les créateurs de cette nouvelle mode.

La Page Spotted du Lycée Thiers compte 680 « likes »

Qu’est-ce qu’une page «Spotted» Facebook?

Le réseau social de Mark Zuckerberg a vu apparaître en France depuis le début de cette année 2013 le phénomène Spotted. Il s’agit de pages spécialement créées pour que lycéens et étudiants voire même usagers des transports en commun déclarent leur flamme à la fille vue dans le bus ou au garçon rencontré dans un couloir le tout anonymement ou presque. Ces pages se sont au mois de février démultipliées de manière très rapide et il en existe de toute sorte: Spotted Castellane, La Valentine en passant par celui de la Régie des Transports Marseillais et bien-sûr celui du Lycée Thiers.

Pourquoi ces pages «Spotted» peuvent-elles inquiéter?

Il est important de retenir une chose concernant le concept. Le message est posté anonymement et des esprits mal inspirés peuvent détourner ce concept en une page de règlements de comptes. Même si les mots doux restent nombreux, les jeux de mots et messages grossiers sont nombreux. Un étudiant gérant une de ces pages n’hésite pas à déclarer au quotidien gratuit 20 minutes du 28 mars 2013 qu’il n’opère « aucune censure », une erreur qui peut dépasser les créateurs de cette page, comme cela s’est vu récemment au Lycée Lacordaire dans le 13ème arrondissement de Marseille.

Un exemple de dérapage local: Spotted Lacordaire.

Fin janvier, le chef de cet établissement, monsieur Collomb, a découvert la page «Spotted» du lycée. Une page qui comptait plus de potins que de messages d’amour. Monsieur Collomb dénonce ces dérapages dans les colonnes de La Provence du 26 mars 2013: «Dans le vocabulaire tout d’abord, très vulgaire. Puis dans le contenu des propos, des moqueries qui s’attaquaient à des jeunes filles notamment et à une élève en particulier. L’auteur de ces écrits ne citait pas de prénom mais, très rapidement, la jeune fille, moquée sur des aspects de son physique et harcelée, a été identifiée par d’autres élèves.» La lycéenne de 16 ans victime de ces moqueries a selon le chef d’établissement « alors menacé de prendre des médicaments ».

M. Collomb explique également: « On a dû mettre en place toutes les mesures nécessaires pour qu’elle ne dorme pas seule, car elle est interne. C’est du lynchage public et, le pire, c’est que la plupart ne s’en rendent même pas compte. J’ai réuni les délégués de classe, avertissant que si cet espace web n’était pas fermé le soir même, je porterais plainte, poursuit le chef d’établissement. Dans ce cas, la police aurait enquêté pour découvrir l’identité des administrateurs de la page. »

Des pages désormais sous surveillance.

La Provence indique que le rectorat d’Aix-Marseille a été informé par de nombreux établissements de l’académie des potentielles dérives des pages «Spotted». Le service informatique du rectorat a par la suite alerté le ministère de l’Education Nationale, qui dit les surveiller de très près, selon Europe 1. S’il peut intervenir lorsque des propos insultants ou choquants ont été publiés, il est important de savoir qu’il ne peut avoir accès aux messages. Par ailleurs, l’administration encourage les chefs d’établissements à réagir très vite en cas de problème, et à intervenir auprès des élèves, voire de leurs parents, pour leur rappeler les règles de bonne conduite sur les réseaux sociaux.

D’autres « Affaires Spotted »

Dans l’Aude, un lycéen a été exclu quinze jours pour avoir diffusé un message à caractère sexuel et pornographique à l’attention d’une de ses professeurs sur la page «Spotted Lycée Jacques Ruffié», raconte le journal local Midi Libre. Le jeune homme de 18 ans avait utilisé des termes qualifiés de «salissants, dégradants et humiliants» par un autre professeur de l’établissement. Choquée, l’enseignante s’est mise en arrêt maladie. Avec ces pages « spotted », tout ne part pas d’un bon sentiment…

CHAIZY-GOSTOVITCH Stèvelan